Niska

Nom de naissance

Stanislas Dinga Pinto

Naissance

6 Avril 1994, Villeneuve-Saint-Georges, Val-de-Marne, France

Biographie

Peu de rappeurs issus de l'Essonne ont réussi à percer au niveau national, à l'exception notable de Disiz, Sinik ou encore Diam's. Originaire d'Evry, Niska compte bien figurer dans ce cercle fermé à l'occasion de la sortie en 2015 de sa première mixtape Charo Life, renfermant les succès « Ochoa » et « Gros bonnets ». Après des débuts timides en groupe, il prend conscience à la fin 2013 qu'il désire se faire un nom dans le rap et se fait remarquer grâce à son flow intrépide et ses rythmiques agressives. Il utilise souvent dans ses textes des mots ou expressions d'origine congolaise, en particulier du lingala, et se distingue par sa gestuelle héritée du rap américain. L'un de ses mouvements s'est ainsi retrouvé fortement médiatisé, à sa grande surprise, grâce au footballeur du Paris-Saint-Germain Blaise Matuidi. Celui-ci, après avoir marqué un but, l'a en effet célébré en reprenant la danse du « Charo » (charognard), chère à Niska. En 2016, celui-ci publie son premier véritable album solo, Zifukoro, qui affiche une liste d'invités de haut rang impressionnante : Booba, Kalash, Madrane, Skaodi, Maître Gims, Sch, Sidiki Diabaté et Gradur apportent en effet leur concours au jeune rappeur. Commando, son successeur, confirme le statut du jeune rappeur, devenant disque de platine au bout de sa première semaine d'exploitation. Il faut attendre ensuite deux ans avant de retrouver Niska sur disque. Il publie Mr. Sal, qui réunit la crème du rap français autour de lui, preuve de son importance grandissante dans le milieu : Booba, Heuss L'Enfoiré ou encore Ninho. 

Niska frappe toujours là où personne ne l’attend, une caractéristique qu’il exprime musicalement par une pluralité maîtrisée. Dans son premier album, l’artiste passe naturellement du ténébreux “Zifukoro” aux paroles introspectives et percutantes, à l’enjoué “Mustapha Jefferson” qui pousse le plus coincé d’entre nous à esquisser quelques pas de danse. Une élasticité qui lui permet d’être écouté dans les enceintes des voitures aux feux rouges, celles des soirées parisiennes mais aussi des salles des fêtes provinciales.

Cette pluralité, il la cultive en diversifiant la relation qui le lie à son public. À 23 ans, le rappeur est le produit de la fameuse génération Millenials qui fascine autant les marques que les médias. L’enfant d’Évry maîtrise chacun de ces nouveaux usages. Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram… Aujourd’hui, l’échange avec les fans se déroule quotidiennement sur les réseaux sociaux. Niska en a pleinement conscience. 

Sur Facebook et Twitter, l’artiste dévoile ses dernières actualités : albums, morceaux, clips… Mais pas seulement. Régulièrement, il s’intéresse à leur quotidien, génère la discussion, décuple l’énergie de ses interfaces qui regroupent des centaines de milliers de fans. “Bendo”, “baye”, “allô”… Le vocabulaire est codifié, inventé ou popularisé par Niska. Une vraie communauté se bâtit autour d’une musique et de centres d’intérêts communs. L’intéressé ne parle pas de “fans” mais de “charos”. Une notion retranscrivant un état d’esprit positif et conquérant, un mot devenant le nom de sa marque de vêtements. 
Sur Snapchat et Instagram, Niska se fait encore plus spontané. Par des photos ou des séquences vidéos de quelques secondes, l’adepte des réseaux sociaux partage autant ce qui l’amuse que son intimité. De cette manière, il instaure avec son public une proximité connectée loin de l’image de la star inaccessible. 

Du coup, l’écoute de sa musique se fait aussi en ligne. Ainsi, il fructifie cette solide relation par une omniprésence sur les services de streaming comme Deezer et Spotify. Des plateformes qui jouent actuellement un rôle déterminant dans le marché de la musique. Dans son rapport annuel de 2017, l’IFPI (Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique) précise que plus de la moitié des revenus des ventes de la musique sont issus du numérique. Une première. Son art, Niska le moule dans ces bouleversements de la consommation qui font de lui un acteur du rap français de tout premier plan. 
Mais d’abord, la musique du jeune Évryen est propulsée par YouTube en touchant les internautes par sa fraîcheur, son punch et son talent. Une trilogie de titre génère l’engouement : “Allô Maître Simonard” (10 millions de vues), “Charlie Delta Charlie” (18 millions de vues) et “Carjack Chiraq” (25 millions de vues). 
Le décollage devient définitif pour le “charo” avec les 70 millions de curieux qui cliquent sur le clip “Freestyle PSG”. L’infatigable milieux du Paris Saint-Germain, Blaise Matuidi, s’approprie même le refrain en son hommage. Mieux, il fête chacun de ses buts en mimant la gestuelle de Niska. La célébration intrigue les médias sportifs et généralistes, le nom du rappeur est sur toutes les lèvres. Le phénomène pousse Nike à solliciter l’artiste pour contribuer à l’importante campagne d’avril 2016 autour de Blaise Matuidi : « Fais briller le jeu ».

L’impact de Niska ne se borne pas seulement au virtuel. En duo avec Maître Gims, “Sapés Comme Jamais” marque l’année 2016 jusqu’aux Victoires de la Musique où il règne sur la catégorie “Chanson originale de l’année”. Un parcours doré que l’enfant du 91 retrouve aussi dans ses certifications. Quatre mois après la sortie de son premier album “Zifukoro”, Niska devient disque d’or. Une dynamique entretenue par les freestyles inédits “Commando” et “B.O.C”. 

À 23 ans, Niska se situe au carrefour des nouveaux enjeux de l’industrie de la musique. Sa personnalité fidélise un public qui s’identifie à lui par les réseaux sociaux. Il devient un petit bout de leur quotidien. Une attention particulière et réciproque que ses “charos” lui rendent en écoutant sa musique, découvrant ses clips et achetant ses albums. 


Dernière Sortie

10 juil 2020

Niska