Alice in Chains

Naissance

United States

Biographie

Associé à la scène grunge des années 1990 dont il fut l'un des plus éminents représentants aux côtés de Nirvana, Pearl Jam et Soundgarden, Alice in Chains voit le jour en 1987 dans la capitale du genre, à Seattle. À ce titre, le groupe mené par le chanteur Layne Staley et le guitariste Jerry Cantrell enregistre l'un des albums-étalons du grunge, Dirt (1992), paru au même moment que le Nevermind de Nirvana. Après un troisième album homonyme paru en 1995, le groupe réussit à se démarquer de l'étiquette grunge par ses influences et ses accents heavy metal qui prennent alors l'ascendant. Après sa participation à la série MTV Unplugged (1996) et un unique album en public, Live (2000), la formation semble stagner en raison des problèmes d'addiction aux drogues dures de Layne Staley, qui décède d'une overdose le 5 avril 2002. Dans l'intervalle, Jerry Cantrell enregistre son premier album solo, Boggy Depot, auquel participe la section rythmique Mike Inez et Sean Kinney. Un second, Degradation Trip, paraît en 2002. Diverses compilations s'accumulent pendant que le groupe prépare son retour, effectif en 2005 lors d'un concert de charité. L'année suivante est dévoilé le nom du nouveau chanteur, William DuVall, dont les débuts sont officialisés sur l'album Black Gives Way to Blue (2009). Alice in Chains nouvelle formule est alors lancé dans un style entre sludge et doom metal et poursuit dans cette voie sur The Devil Put Dinosaurs Here (2013), dans un état d'esprit aussi sombre qu'à ses débuts. Cinq ans après suit le sixième album studio Rainier Fog (2018).

C'est à Seattle que le groupe se forme en 1987, avec Layne Staley (chant), Jerry Cantrell (guitare), Mike Starr (basse) et Sean Kinney (batterie). A ses débuts, le quatuor évolue sous le nom de Alice'N'Chaynz, avant de devenir définitivement Alice In Chains. En 1989, le groupe signe chez Columbia, devenant l'un des premiers de la scène « grunge » à passer chez une major. Après une série de démos, sort le maxi We Die Young en juillet 1990, suivi fin août par Facelift, un bon premier album, quoique inégal. Il se classe disque d'or à la faveur du clip de « Man In The Box », diffusé sur MTV. En tournant en première partie d'Iggy Pop, Van Halen et Poison, Alice In Chains se constitue une base de fans et devient le premier groupe « grunge » à s'extraire de l'« underground ».

Début 1992, paraît Sap, un mini album faisant la part belle aux guitares acoustiques, sur lequel viennent chanter Chris Cornell (Soundgarden) et Mark Arm (Mudhoney), ainsi que Ann Wilson (Heart). L'accueil critique est excellent. Cette même année, le groupe participe à la bande originale du film de Cameron Crowe, Singles (film emblématique de l'époque grunge) avec « Would ? », également premier single du nouvel album. En septembre 1992, paraît Dirt, un album sombre et étouffant, probablement le meilleur de leurs disques orientés metal. A l'image de celles de « Down In A Hole » ou « Junkhead », les paroles sont sombres, passablement morbides, introspectives et évoquent largement la dépendance de Layne Staley à la dope - ce qui nourrit des rumeurs au sujet du chanteur... Le disque devient platine à la fin de l'année.

Pendant la tournée, Mike Starr quitte le groupe, lassé du rythme des tournées, et est remplacé par Mike Inez, le bassiste d'Ozzy Osbourne. En 1993, le groupe enregistre deux nouvelles chansons (« What The Hell Have I ? » - qui réapparaît plus tard sur le troisième album - et « A Little Bitter »), destiné à la BO du blockbuster Last Action Hero avec Arnold Schwarzenegger. A l'été 1993, Alice In Chains participe à Lollapallooza, le festival itinérant et alternatif de Perry Farrell (Jane's Addiction, Porno For Pyros), au côté de Tool, Rage Against The Machine, Babes In Toyland et Primus. Il s'agira de la dernière grande tournée du groupe.

Début 1994, sort Jar Of Flies qui, dès sa sortie, devient le premier EP à se classer à la première place. Malgré sa popularité, le groupe ne part pas en tournée ; des rumeurs donnent le chanteur atteint du SIDA, ou mort. Cette même année, Staley donne pourtant plusieurs concerts avec un projet parallèle nommé Gacy Bunch, sorte de « supergroupe grunge », composé du guitariste Mike McCready (Pearl Jam), du batteur Barrett Martin (Screaming Trees) et du bassiste John Saunders. Le groupe se renomme Mad Season et sort Above en mars 1995. Plus tard, McCready reconnaîtra avoir formé le groupe pour tenter de venir en aide à Staley, déjà sévèrement héroïnomane...

En novembre 1995, sort l'éponyme Alice In Chains, dernier album studio du groupe, qui atteint la première place des charts. A nouveau, l'album ne donne lieu à aucune tournée. Les problèmes de drogues minaient le groupe, qui était alors sur le point de se séparer. Un concert (leur premier en trois ans) est néanmoins donné en 1996, pour la série MTV Unplugged, avec une chanson inédite en conclusion, « Killer Is Me ». La performance du groupe, et singulièrement de Layne Staley, est sublime. Quoique visiblement très amoindri physiquement, Layne Staley y chante d'une voix plus pénétrante et déchirante que jamais.

Le groupe se produit pour la toute dernière fois le 3 juillet 1996 à Kansas City, au terme d'une série de quatre premières parties pour la tournée de réunion de Kiss, l'un des groupes préférés de Staley. La suite de la carrière d'Alice In Chains devient alors particulièrement erratique. Après avoir perdu sa compagne Demri Parrott le 29 octobre 1996, des suites d'une infection causée par son usage de la drogue, Layne Staley s'enfoncera de plus en plus fatalement dans un funeste isolement et dans l'addiction à l'héroïne et au crack.

En 1998, Layne Staley réapparaît, « pesant 40 kilos et blanc comme un fantôme », d'après Dave Jerden, l'un des producteurs d'Alice In Chains. Il enregistre les deux derniers morceaux d'Alice In Chains, « Get Born Again » et le sublime et glaçant« Died ». Par ailleurs, il participe à la bande originale du film The Faculty, avec des membres de Rage Against the Machine et Porno for Pyros, avec la reprise de Pink Floyd, « Another Brick In The Wall ». Sa voix terriblement monotone, y exprime un profond abattement. Parallèlement, Jerry Cantrell sort Boggy Depot, son premier album « solo » - en fait presque un album de Alice In Chains sans Staley, puisque le batteur, le bassiste et le producteur Toby Wright sont de la partie.

Les années suivantes, diverses parutions semblent entériner la mort du groupe, avec une succession de compilations agrémentées d'inédits. En 1999, sortent Nothing Safe : The Best Of The Box, avec l'inédit « Get Born Again », ainsi que le coffret Music Bank, constitué de quatre disques (un « best of » agrémenté de nombreux inédits, remixes et démos un CD-Rom). En 2000, paraît Live et en 2001 une nouvelle compilation, Greatest Hits. Hormis Nothing Safe, la plupart des disques ne rencontre aucun succès, la popularité du groupe ayant chuté en raison de son inactivité.

Au début de l'année 2002, Layne Staley donne son ultime interview à Adriana Rubio, qui donnera lieu à la publication d'une biographie (Angry Chair). Le chanteur y parle des dommages causés par son addiction à l'héroïne et évoque sa situation avec lucidité, annonçant être conscient qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. Le 19 avril, il est retrouvé mort chez lui, à l'âge de 34 ans. L'autopsie conclut à un suicide par injection de speedball (mélange d'héroïne et de cocaïne) et estime le jour de sa mort au 5 avril, soit 8 ans jour pour jour après celle de Kurt Cobain. En juin 2002, paraît le second album de Jerry Cantrell, Degradation Trip, dédié à la mémoire de Layne Staley. Au mois de novembre, il décide d'en faire paraître la version complète, en un double album, Degradation Trip, Parts 1 & 2.

En 2005, les « survivants » d'Alice In Chains se réunissent pour un concert de charité au profit des victimes du tsunami de l'océan Indien. Au chant, se succèdent Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle), Wes Scantlin (Puddle Of Mudd) et Pat Lachman (Damageplan). L'expérience donne envie à Cantrell, Kinney et Inez de reformer un groupe pour jouer les chansons d'Alice In Chains.

En 2006, le groupe dévoile le nom de son nouveau chanteur, William DuVall. C'est toujours sous le nom historique d'Alice in Chains que le groupe fait son retour avec le nouveau chanteur William DuVall, sous la forme de Black Gives Way to Blue, en septembre 2009. Il marque tout simplement le retour à la lumière d'un des groupes les plus sombres qui soit. La nouvelle formation peine cependant à convaincre totalement sur le disque suivant, The Devil Put Dinosaurs Here, sorti en 2013. La même formation poursuit dans un style entre sludge et doom metal sur son sixième album Rainier Fog (2018), réalisé dans cinq studios différents entre Los Angeles, Seattle, Nashville et Pasadena en compagnie du producteur Nick Raskulinecz.