C Composés de six enfants nés dans une famille de douze, les Surfs voient le jour en tant que groupe en 1959, sous le nom de Rabaraona Frères et Sœurs, puis celui des Béryls. Monique, Coco, Pat, Dave, Rocky et Nicole Rabaraona commencent leur carrière très jeunes, en s’inspirant du style des Platters... version CM1. Formation tenant à la fois du chœur de gospel et des chanteurs de jazz, les Béryls voient leur carrière débute véritablement avec l’indépendance de l’île de Madagascar en 1960. A l’occasion des célébrations fêtant l’autonomie de l’île, ils entament une grande tournée au côté d’autres vedettes locales comme Henry Ratsimbazafy. Mignons, bien éduqués et souriants, ces six enfants touchent le cœur du public malgache car ils représentent la nouvelle génération, porteuse des espoirs d’un pays désormais décolonisé.

Platters malgaches

En 1963, c’est avec deux reprises des deux grands tubes des Platters, « Only You » et « The Great Pretender » qu’ils remportent un concours de chanson organisé par une radio locale, ce qui leur permet de représenter leur pays à paris, en septembre de la même année, lors du concert d’inauguration de la deuxième chaîne de l’ORTF, future Antenne 2. Applaudis par le public français, ils sont contactés par Roger Marouani, du label Festival, qui décide de les produire. Mais le nom de Béryls n’étant pas assez vendeur, il décide de rebaptiser le sextet qui deviennent ainsi les Surfs. « Reviens vite et oublie », une reprise du titre « Be My Baby » des Ronettes, devient leur premier tube à travers l’Hexagone et l’Europe. Coachés par Marouani, les Surfs entament une tournée en première partie de Sheila, puis sur le reste du Vieux Continent où les prestations de ces six ados propres sur eux attirent le public et les bravos.

Si l’Europe Occidentale accueille les Surfs à bras ouverts, c’est aussi très vite le cas de sa sœur ennemie derrière le rideau de fer, qui craque pour ces jeunes Malgaches, ainsi que, très vite, du continent sans lequel il est impossible de bâtir une carrière internationale : l’Amérique du Nord. Une tournée dans les grandes villes américaines leur vaut un triomphe et leur permet d’aligner quelques « duos » intéressants avec les artistes en vogue de la scène US comme Stevie Wonder, Tom Jones ou les Rolling Stones. Côté français, on se souviendra surtout de leurs prestations aux côtés d’Enrico Macias ou de Jacques Brel. Leur popularité est d’ailleurs si grande en France que dès 1963, année même de leur arrivée, on les voit jouer dans Cherchez l’idole, de Michel Boisrond, avec Dany Saval et Franck Fernandel ou dans Le Dernier Tiercé, de Richard Pottier, en 1964, avec Raymond Souplex et Dario Moreno, toujours dans leurs propres rôles et généralement juste le temps de pousser la chansonnette.

Rythme d’enfer

Le souci d’un groupe composé d’adolescents stars, c’est qu’il constitue une denrée ô combien périssable et à la durée de vie limitée. Marouani en est parfaitement conscient et c’est pourquoi il pousse les Surfs à se contenter de reprendre les grands standards du moment, conscient que des compositions originales ont un coût, lequel a peu de chances d’être rentabilisé à long terme. Ainsi, les chansons des Surfs sont-elles essentiellement des reprises des grands succès de l’époque, comme « Si j’avais un marteau » de Claude François ou « A présent, tu peux t’en aller » de Richard Anthony (deux tubes qui sont, d’ailleurs, eux-mêmes des adaptations de morceaux anglo-saxons), ou des adaptations des grands standards du gospel (« O When The Saints »). Le temps passant, l’hypothèse de la fin des Surfs, ou d’un changement d’orientation clair et net de leur formation est envisagé vers la fin des années soixante, d’autant que malgré les bonnes bouilles des chanteurs du sextet, ils sont désormais adultes et que certains d’entre eux ont même des enfants.

Très cyniquement, Festival, leur maison de disques, multiplie les tournées et les enregistrements d’EP à un rythme d’enfer, afin d’engranger le plus d'argent avant que l’âge ne rattrape trop vite les membres du groupe, et s’arrange pour que les photos promotionnelles et les affiches mettent en avant les plus jeunes parmi la fratrie Rabanaroa. Mais, le mythe de Peter Pan ayant beau avoir la vie dure, les six chanteurs commencent à se lasser de rester éternellement le groupe de gamins des débuts dans l’esprit du public ainsi que de leur répertoire. En 1970, après une ultime tournée en Amérique du Nord et dans les Antilles françaises, ils décident officiellement de se séparer, mettant fin à une carrière de sept années sous l’étiquette des Surfs.

Seuls Monique et Rocky poursuivent dans la chanson en formant un duo qui se sépare en 1981, laissant Rocky et Dave les derniers dépositaires encore en activité de la mémoire de ce groupe éphémère, mais majeur, des années 1960.

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