E Enfant de Naples où il naît le 15 août 1925, Aldo Ciccolini grandit dans une famille de mélomanes et révèle très tôt de grandes dispositions pour le piano. Inscrit dans le conservatoire local, il suit les cours de Paolo Denza, qui fut lui-même l'élève du pianiste et compositeur Ferruccio Busoni. Élève doué, il bénéficie à neuf ans d'une dispense ministérielle demandée par le directeur, Francesco Cilea, pour étudier en classe de composition. Il a alors pour professeur Achille Longo. C'est finalement vers une carrière de concertiste que va se diriger Aldo Ciccolini, après des débuts sur scène au Théâtre San Carlo de Naples, en 1941.

Sans concurrence dans les compétitions de piano, le jeune Ciccolini s'inscrit au Concours Marguerite Long-Jacques Thibaud à Paris, qu'il remporte ex-eaquo avec Ventsislav Yankoff, devant Paul Badura-Skoda et Pierre Barbizet. Son interprétation du Concerto pour piano de Tchaïkovski est saluée par le jury et la critique. Aussitôt demandé par les organisateurs de concerts, le pianiste fait ses débuts sur la scène internationale l'année suivante par un récital à New York sous la direction de Dimitri Mitropoulos. Tombé amoureux de la France, Aldo Ciccolini revient à Paris pour s'y implanter et faire carrière. C'est surtout aux séances en studio qu'il attache une grande importance avant de se tourner vers la pédagogie.

En 1966, l'un de ses premiers enregistrements consacré aux oeuvres pour piano d'Erik Satie impressionne la critique et fait connaître le compositeur des Gymnopédies et des Gnossiennes à un très large public. Aldo Ciccolini s'emploie comme nul autre à la redécouverte de tout un pan du répertoire pour piano de compositeurs français comme Déodat de Séverac, Emmanuel Chabrier, Valentin Alkan ou Alexis de Castillon. De même, il excelle dans l'interprétation des oeuvres de l'ère moderne, au début du XXème siècle, signées Debussy, Ravel, Saint-Saëns ou Massenet. Le pianiste s'investit tant dans la recherche et la diffusion de ces noms que cela ferait presque oublier qu'il est également un grand interprète des partitions de Mozart, Liszt, Beethoven ou Schubert.

En 1971, l'obtention de la nationalité française lui permet d'enseigner au Conservatoire de Paris, où il formera à des carrières internationales les élèves Marie-Josèphe Jude, Jean-Yves Thibaudet, Nicholas Angelich, Artur Pizzaro, Pascal Le Corre, Géry Moutier et Akiko Ebi. Aldo Ciccolini excerce cette fonction jusqu'en 1988 et alterne celle-ci avec des masterclasses très courues par les jeunes pianistes. Parallèlement, il mène une grande carrière de concertiste sur les scènes du monde entier, ponctuée de récitals en solo ou avec des orchestres dirigés par Wilhelm Fûrtwangler, Erich Kleiber, Pierre Monteux, Sergiu Celibidache, Carlo Maria Giulini, Charles Munch, André Cluytens, Lorin Maazel ou Zubin Mehta.

L'apport d'Aldo Ciccolini au disque est volumineux et important. Son répertoire riche et varié lui a permis de réaliser une centaine d'enregistrements. Outre ses récitals d'oeuvres d'Erik Satie, Claude Debussy, Jules Massenet et Camille Saint-Saëns (Le Carnaval des animaux), il faut citer son intégrale des sonates de Beethoven, son interprétation des 21 Nocturnes de Frédéric Chopin ; les Années de pélerinage et Harmonies poétiques et religieuses de Franz Liszt ; les Goyescas d'Enrique Granados et Iberia d'Isaac Albeniz ; les oeuvres pour piano de Leos Janacek, Mario Castelnuovo-Tedesco, Robert Schumann (Carnaval de Vienne, Grande sonate) et Edvard Grieg (Pièces lyriques).

Pianiste complet, discret et admiré, Aldo Ciccolini s'est éteint dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2015 à son domicile d'Asnières-sur-Seine (Hauts de Seine), à l'âge de 89 ans, après une hospitalisation de plusieurs semaines.

Loïc Picaud

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