N Née à Rome (Italie) le 4 juin 1966, Cecilia Bartoli bénéficie durant son enfance d'une éducation musicale très poussée, assurée par des parents chanteurs professionnels.

À l'âge de neuf ans, elle fait sa première apparition dans un spectacle public, en tenant un petit rôle dans une représentation de Tosca, de Giacomo Puccini. Suivant des études à l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia, vénérable conservatoire musical romain, Cecilia Bartoli se distingue rapidement par une maturité vocale particulièrement précoce, atteignant dès son adolescence un registre de chant généralement associé à des cantatrices expérimentées.

C'est cette rapidité d'évolution artistique qui permet à la jeune mezzo-soprano de se faire connaître en participant, avant même d'avoir atteint ses vingt ans, à des évènements d'envergure. Elle participe en 1985 à un concert parisien en hommage à Maria Callas ; l'année suivante, elle se produit dans une émission télévisée de grande écoute, Fantastico, diffusée sur la première chaîne de la RAI : le public italien la découvre comme un enfant prodige de l'opéra.

En 1987, elle se produit aux Arènes de Vérone, avant d'interpréter le rôle de Rosina dans Le Barbier de Séville, de Rossini, au Festival de Schwetzingen en Allemagne, puis à l'Opéra de Zurich. Remarquée par Herbert von Karajan, elle est dirigée par le maestro dans La Messe en Si Mineur de Bach au Festival de Salzbourg. La diffusion à la télévision du concert-hommage à Maria Callas lui vaut d'être découverte par un autre chef d'orchestre de première grandeur, Daniel Barenboïm, qui entreprend ensuite de la diriger dans des opéras de Mozart, comme Don Giovanni, où elle interprète le rôle de Zerlina.

Sous la houlette de maîtres comme Barenboïm et Nikolaus Harnoncourt, la jeune cantatrice s'épanouit et entame une carrière de tout premier plan. En 1990, elle se produit à Paris, à l'Opéra Bastille, dans Les Noces de Figaro ; l'année suivante, elle foule les planches de La Scala de Milan pour les besoins du Comte Ory, de Rossini. Désormais promue interprète de choix dans le répertoire mozarto-rossinien, Cecilia Bartoli devient l'une des jeunes cantatrices les plus familières du grand public, bénéficiant d'un gentil naturel souriant et sympathique faisant d'elle un très bon client pour les médias. Sa voix virtuose, la classant dans la catégorie des mezzo-soprano coloratura, lui permet d'interpréter avec charme et agilité des airs lyriques qu'elle dépouille de toute leur pompe pour leur donner un coloris éminemment moderne. Le Nouveau Monde ne s'y trompe pas et l'accueille deux années de suite au Metropolitan Opera de New York, en 1996 pour Cosi Fan Tutte et l'année suivante pour La Cenerentola.

Cecilia Bartoli est cependant loin de se limiter à Mozart et Rossini dont elle demeure l'une des interprètes contemporaines les plus appréciées, mais s'applique également à explorer le répertoire du baroque, interprétant des airs de Gluck, Haendel ou Haydn, ou des airs naguère réservés aux castrats. Débordante de charme et de joie de vivre, Cecilia Bartoli s'emploie à dépoussiérer et à rendre leur popularité à des trésors parfois méconnus du patrimoine musical, qu'elle porte de sa notoriété : son album d'airs baroques Opera Proibita est ainsi un grand succès commercial en France.

En 2008, elle rend hommage à Maria Malibran, dont le deux centième anniversaire de la naissance est célébré en mars, s'attaquant dans la foulée au répertoire romantique. Loin de l'image des divas hautaines, Cecilia Bartoli apporte à l'opéra un visage humain et éminemment accessible, couronné d'un talent bouleversant.

L'année suivante, Cecilia Bartoli publie un imposant recueil d'oeuvres dévolues aux voix de castrats, Sacrificium. En 2010, le programme double de Sospiri est un florilège de son talent survolant ses dernières années de chant, depuis l'opus consacré à Vivaldi (1999) jusqu'à ses créations plus récentes issues de Maria (2007) et Sacrificium (2009). Cette respiration permet à la cantatrice italienne de préparer sa nomination au poste de directrice artistique du festival de Salzbourg.

Volant de succès en triomphes, Cecilia Bartoli relève un nouveau défi avec la redécouverte du compositeur italien Agostino Steffani dont l'opéra Niobe, regina di Tebe fait l'objet d'une création moderne intitulée Mission. L'album dévoilé en septembre 2012 voit la diva s'entourer de Diego Fasolis et son ensemble I Barocchisti et du contre-ténor Philippe Jaroussky. Habituée aux défis de l'impossible, la mezzo-soprano s'attaque à un mythe quand elle choisit d'endosser le rôle de Norma dans l'opéra de Vincenzo Bellini, jadis popularisé par Maria Callas. L'enregistrement réalisé avec l'orchestre de La Scintilla dirigé par Giovanni Antonini s'avère révolutionnaire dans son interprétation complète sur instruments d'époque.

Cecilia Bartoli revient ensuite à Steffani dont le Stabat Mater trouve de nouvelles couleurs sous la baguette de Diego Fasolis et les voix de Daniel Behle, Franco Fagioli, Julian Prégardien et Salvo Vitale. En octobre 2014, elle crée à nouveau la surprise avec le recueil St Petersburg, exhumant onze airs inédits de compositeurs italiens (Araia, Manfredini, Cimarosa, Madonis) ou allemand (Raupach), joués à la Cour de Russie devant les tsarines Anne Ière, Elisabeth Ière et Catherine II. En 2017 suit un duo avec la violoncelliste d'origine argentine Sol Gabetta, Dolce Duello. Le coffret Rossini qui paraît en 2018 comprend seize disques tout son répertoire du compositeur. Deux mois après sort son deuxième récital consacré à Vivaldi, dix-neuf ans après The Vivaldi Album, avec dix extraits d'opéras du compositeur vénitien.

Nikita Malliarakis

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