G Gloria Fowles voit le jour le 7 septembre 1949, à Newark (New Jersey). Chanteuse de jazz durant les années 60 (avec le groupe The Soul Satisfiers), elle est découverte - et stimulée - par Mike Curb (l'un des patrons du label MGM Records et par ailleurs Lieutenant-gouverneur de Californie).

Elle enregistre donc son tube initial (en solo) en 1973, et devient ambassadrice du segue (une variante du disco) : « Never Can Say Goodbye » est la première chanson, clairement à destination des discothèques, à atteindre le sommet des classements de vente (elle sera plus tard interprétée par Jimmy Somerville et les Communards). Et, pour la première fois, un album propose une face de trois titres enchaînés sans pause, pour dix-neuf minutes de fièvre chorégraphique.Moins dévastateur, son album suivant, Experience, constitue néanmoins un important succès. Son album de 1976 I've Got You, est l'occasion pour la chanteuse de rompre avec son équipe de production : ses réalisations ultérieures Glorious en 1977, et Park Avenue Sound en 1978, en sont pénalisées.

Son grand retour est célébré en 1978 : l'album Love Tracks offre au monde la chanson émancipatrice féminine par excellence. « I Will Survive » se voit gratifiée du Grammy Award du meilleur enregistrement disco (une catégorie qui disparaît peu après). Précisons que le label, dans l'un de ces moments d'extrême lucidité qui caractérisent parfois les directions artistiques, avait initialement positionné la chanson en face B du single.

I Have the Right, album de 1979, offre un nouveau hit, « Let Me Know (I Have the Right) », dont l'usage est récupéré par le mouvement lesbien américain, ce qui a le don d'indisposer la chanteuse, d'obédience chrétienne évangéliste.

Le christianisme habite justement les années 80 de l'artiste, qui tente de se dégager de l'influence du disco (musique du péché), en revenant au rhyhm 'n' blues et à la pop. Les meilleures plaisanteries étant les plus courtes, Gloria Gaynor devient une icône gay en 1984, grâce à la chanson « I Am What I Am ». De cette époque, la chanteuse conserve un habile louvoiement entre la proclamation de ses convictions religieuses et l'élément indiscutable selon lequel la communauté homosexuelle la fait vivre. De plus, la désaffection du public américain la contraint alors à s'installer plusieurs années en Italie, où elle produit régulièrement des disques.

En 2001, son single « Just Keep Thinkin' About You », surfant sur la vague de résurrection du disco, atteint la première place des ventes de musiques de danse, alors que son duo avec le célèbre producteur Giorgio Moroder (« Last Night ») accède dès sa sortie au sommet européen des charts.

En 2002, son album I Wish You Love génère quatre tubes de dance music et un hit absolu (« I Never Knew »). La même année, son ami de trente ans le Prince Albert de Monaco lui remet un World Music Award pour l'ensemble de son ?uvre, alors qu'elle triomphe à Broadway (dans la revue Smokey Joe's Café) et qu'elle est invitée dans une foultitude de séries télévisées (dont Ally McBeal).

En 2005, c'est grâce à « I Will Survive » qu'elle est honorée à New York par le Dance Music Hall of Fame. Elle utilise par ailleurs le titre de cette chanson comme intitulé de son autobiographie. The Answer, en 2006, tente de capitaliser sur le parcours triomphal de I Wish You Love.
A l'instar de Line Renaud, Gloria Gaynor s'investit farouchement dans la lutte contre le SIDA. Mais Gloria Gaynor entrera vraisemblablement dans l'histoire, peut-être comme une deuxième Donna Summer, mais assurément en incarnation de la première artiste à avoir enregistré un album à l'usage spécial des pistes de danse : après tout, l'essentiel n'est-il pas d'entrer dans l'Histoire ?

Christian Larrède

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