N Née Anna Maria Wooldridge le 6 août 1930 à Chicago, Abbey Lincoln débute sa carrière de chanteuse au début des années 1950, dans des clubs californiens, hawaïens puis hollywoodiens, sous le pseudonyme de Gaby Lee. En 1956, elle emprunte celui d'Abbey Lincoln en référence à Abraham Lincoln, le président de l'abolition de l'esclavage. Abbey Lincoln sera en effet politiquement très engagée auprès de la communauté afro-américaine, refusant d'être considérée comme une chanteuse de jazz, mais comme une « artiste noire ».

Les débuts

Arrangé par Benny Carter, son premier album intitulé Abbey Lincoln's Affair : A Story of a Girl in Love (1956) reprend notamment des titres de Duke Ellington (« Warm Valley », « Do Nothin'Till You Hear from Me ») ou Cole Porter (« You Do Something to Me »). Elle interprète « Spread the Word » pour la bande originale du film The Girl Can't Help It (1956) de Frank Tashlin.

Abbey Lincoln enchaîne avec trois albums pour le label Riverside : That's Him (1957), It's Magic (1958) et Abbey Is Blue (1959), où s'illustrent Sonny Rollins, Paul Chambers, Benny Golson ou Max Roach.

Couple mythique

Pour son futur époux, le batteur Max Roach, livre-t-elle l'une de ses plus poignantes prestations, sur son album We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite (1960) coréalisé avec le poète Oscar Brown, et intimement lié au mouvement afro-américain des droits civiques.

S'ensuit son disque Straight Ahead (1961), chef-d'oeuvre enregistré avec Eric Dolphy, Coleman Hawkins, Booker Little ou bien sûr Max Roach, qu'elle épouse en 1962. Leur liaison se poursuivra jusqu'en 1970, la carrière de la chanteuse demeurant ainsi incontestablement liée au batteur.

Artiste aux multiples talents

Parallèlement, Abbey Lincoln poursuit une carrière d'actrice au cinéma et à la télévision. Poétesse et dramature, elle donne des cours d'art dramatique à l'université de Northridge à la fin des années 1970.

Au début des années 1980, Abbey Lincoln enregistre Painted Lady (1980) avec Archie Shepp, puis Talking to the Sun (1983) avec Steve Coleman.

Sur les traces de Billie Holiday

Elle rend un hommage à sa muse Billie Holiday avec un double album intitulé Abbey Sings Billie (1987). Redécouverte en France par Jean-Philippe Allard du label Verve, Abbey Lincoln réalise une série d'albums : The World is Falling Down (1990) avec Ron Carter, Clark Terry, Jackie McLean ou Alain Jean-Marie ; You Gotta Pay The Band (1991) avec Stan Getz, Charlie Haden ou Mark Johnson ; Devil's Got Your Tongue (1992) et When There is Love (1992).

Derniers témoignages

L'album A Turtle's Dream (1994) compte des reprises de Léo Ferré (« Avec le temps »), Eden Ahbez (« Nature Boy »), Nina Simone (« Hey, Lordy Mama »), et ses propres compositions (« My Love Is You », Storywise »). Elle est accompagnée par Roy Hargrove, Pat Metheny, Lucky Peterson, Julien Lourau, Christian McBride...

Invitant le saxophoniste Joe Lovano, Abbey Lincoln réalise Over the Years (2000) qui inclut « Lucky to Be Me » de Bernstein ou « Blackberry Blossoms », thème traditionnel sur lequel elle adapte ses paroles. Laurent Cugny, Kenny Baron ou Julien Lourau font partis des nombreux musiciens présents sur It's Me (2003).

Le testament 

A soixante dix-sept ans, Abbey Lincoln livre son dernier album Abbey Sings Abbey (2007), émouvant témoignage laissé par cette grande voix qui associe Thelonious Monk (« Blue Monk ») à son propre répertoire. Le 14 août 2010, cette grande figure du jazz s'éteint dans une maison de retraite de Manhattan (New York) à l'âge de 80 ans.
X

Avec votre compte
Universal:

  • Accédez à des contenus avant tout le monde
  • Gagnez des cadeaux (vinyles, places…)
  • Trouvez des playlists au plus près de vos humeurs
  • Recommandations personnalisées
X

Acheter

00:00
00:00