{"talentId":"20000074618","dotDigitalId":null,"realName":"","longBiography":"Si en 1968 Creedence Clearwater Revival est le groupe r&eacute;v&eacute;lation de l&rsquo;ann&eacute;e, qui ne d&eacute;colle plus des charts et distribue les hits comme des petits pains, il aura fallu aux quatre jeunes gens d&rsquo;El Cerrito (banlieue de San Francisco) dix ans de labeur et de maturation pour mettre au point cette splendide machine &agrave; produire du rock n&rsquo; roll. En 1959, John Fogerty ne fait encore que jouer les succ&egrave;s du moment sur son piano, quand Tom, son fr&egrave;re a&icirc;n&eacute;, d&eacute;cide de r&eacute;unir deux camarades de classe, Doug Clifford et Stu Cook, respectivement batteur et bassiste, pour fonder les Blues Velvets. Au sein de ce groupe de bar, Tom est le leader, il assure la guitare rythmique et le chant, John &eacute;tant cantonn&eacute; aux claviers, formule qui les emp&ecirc;chera longtemps de d&eacute;coller.<br /><br />En 1964, le label Fantasy de San Francisco les prend sous contrat et les rebaptise les Golliwogs, ce qui sonne plus anglais&hellip; Mais en juin 1967, le succ&egrave;s n&rsquo;est toujours pas au rendez-vous. John, qui revient de l&rsquo;arm&eacute;e, prend les choses en main, compose des morceaux d&rsquo;un genre nouveau et rebaptise le groupe Creedence Clearwater Revival. &laquo;Creedence&raquo; &eacute;tant le nom d&rsquo;un ami apportant une touche d&rsquo;espoir (Credence = Croyance), &laquo; Clearwater &raquo;, une marque de bi&egrave;re, mais &laquo;l&rsquo;eau claire&raquo; n&rsquo;est pas non plus d&eacute;nu&eacute;e de valeur symbolique, &laquo; Revival &raquo; enfin d&eacute;finissant ce qu&rsquo;ils ont l&rsquo;intention de proposer : un retour aux racines du rock 'n' roll.<br /><br />Le r&eacute;sultat ne se fait pas attendre. En juillet 1968, Creedence Clearwater Revival sort son premier album &eacute;ponyme sur lequel figurent trois reprises : <em>&laquo; I Put A Spell On You &raquo;</em>, de Screamin' Jay Hawkins, <em>&laquo; Ninety-nine and a Half &raquo;</em> de Wilson Pickett et surtout <em>&laquo;S uzie Q &raquo;</em> de Dale Hawkins qui devient son premier succ&egrave;s, succ&egrave;s qui ira dor&eacute;navant croissant jusqu&rsquo;en 1972. Les autres chansons sont toutes des compositions de Fogerty et laissent entrevoir ce que sera leur musique. Ce qui n&rsquo;est encore qu&rsquo;une impression est vite pr&eacute;cis&eacute; par <em>Bayou country</em>, leur deuxi&egrave;me album qui sort en mars 1969 : une musique simple, voire simpliste, toujours construite selon le m&ecirc;me sch&eacute;ma : intro de guitare &laquo; heavy &raquo;, vocal franc et rugissant, improvisation de guitare et de nouveau vocal pour terminer, une rythmique solide, qui balance, et surtout un son original, aquatique, tout droit sorti des rives du Mississippi. On appelle d&eacute;j&agrave; cela, le &laquo; Bayou beat &raquo; ou &laquo; Swamp rock &raquo; (le rock des mar&eacute;cages) bien qu&rsquo;aucun des quatre musiciens n&rsquo;aient jamais mis un pied dans le sud des Etats Unis. John Fogerty confirme : &laquo; j&rsquo;ai r&ecirc;v&eacute; toute ma vie de vivre dans le sud, tous les grands artistes de cette musique sont venus de Memphis ou de Louisiane, des rives du Mississippi, en tout cas. Des chanteurs comme Muddy Waters ou Howlin&rsquo; Wolf m&rsquo;ont fait sentir combien il &eacute;tait bon de vivre l&agrave; bas, au bord du fleuve &raquo;.<br /><br /><em>Bayou country</em> est illumin&eacute; de trois perles : le sauvage <em>&laquo; Born On The Bayou &raquo;</em>, le lent et inqui&eacute;tant <em>&laquo; Keep On Chooglin' &raquo;</em>, et surtout le c&eacute;l&egrave;brissime <em>&laquo; Proud Mary &raquo;</em>&nbsp; (n&deg;2 des charts US) qui fera entrer John Fogerty dans la classe des plus grands auteurs-compositeurs. Le titre sera repris entre autres par Ike and Tina Turner et Elvis Presley. Bob Dylan dira qu&rsquo;il aurait aim&eacute; &eacute;crire de cette ballade contant l&rsquo;histoire simple d&rsquo;un homme du sud, et qui d&rsquo;apr&egrave;s lui, est &laquo;la plus belle chanson de l&rsquo;ann&eacute;e 1969&raquo;. Pendant cette p&eacute;riode John Fogerty sera un cr&eacute;ateur acharn&eacute;. Apr&egrave;s une tourn&eacute;e qui les m&egrave;nera jusqu&rsquo;&agrave; Woodstock, leur troisi&egrave;me album <em>Green river</em> sort d&egrave;s l&rsquo;automne 1969. Il contient lui aussi trois titres qui resteront dans les charts : <em>&laquo; Green river &raquo;</em>&nbsp; qui se place num&eacute;ro un, <em>&laquo; Lodi &raquo;</em> et <em>&laquo; Bad moon rising &raquo;</em>. L&rsquo;album entier restera quatre semaines premier au hit parade et se vendra &agrave; plus de trois millions d&rsquo;exemplaires aux USA.<br /><br />A la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 1969, avec leur quatri&egrave;me album, <em>Willy and the poor boys</em>, puisant g&eacute;nialement dans toutes les formes de musique populaire am&eacute;ricaine et disputant le titre de chef-d&rsquo;&oelig;uvre du groupe avec <em>Cosmo&rsquo;s factory</em>, Creedence Clearwater Revival est sacr&eacute; meilleur groupe de l&rsquo;ann&eacute;e par <em>Rolling Stone</em>. Il a d&eacute;j&agrave; vendu dix millions d&rsquo;albums rien qu&rsquo;en Am&eacute;rique. En 1970, les musiciens forment le plus c&eacute;l&egrave;bre groupe mondial, juste derri&egrave;re les Stones, les Beatles venant juste de se s&eacute;parer. La musique de John Fogerty est physique, terrienne, ses m&eacute;lodies sont &eacute;videntes (vous pouvez vous-m&ecirc;me fredonner une petite dizaine de ses titres, trente ans plus tard) et font immanquablement na&icirc;tre l&rsquo;excitation, sa d&eacute;marche est toute en sinc&eacute;rit&eacute; et sans artifice. Ce rock pur et d&eacute;pouill&eacute; qui fera dire &agrave; certains critiques que Creedence est un groupe pour discoth&egrave;que ! John Fogerty s&rsquo;en d&eacute;fend &agrave; peine : &laquo; nous avons voulu faire de notre musique une chose distrayante qui pousse les gens &agrave; danser, nous voulions qu&lsquo;elle soit une f&ecirc;te, pas un acte politique, simplement un constat sur les bons et les mauvais cot&eacute;s de la vie, un constat qui peut se faire dans la bonne humeur &raquo;.<br /><br />Recette conventionnelle mais terriblement efficace : le cinqui&egrave;me album de Creedence Clearwater Revival, <em>Cosmo&rsquo;s factory</em>, enregistr&eacute; en juillet 1970, fera les meilleures ventes de leur carri&egrave;re et sera consid&eacute;r&eacute; comme leur point culminant. Il aligne une s&eacute;rie de hits imparables &agrave; bases d&rsquo;ingr&eacute;dients solides allant du son incroyable de l&rsquo;intro de <em>&laquo; Up around the bend &raquo;</em> &agrave; la simplicit&eacute; de la ballade de <em>&laquo; Who&rsquo;ll stop the rain &raquo;</em>&nbsp; (une parabole sur la guerre au Vietnam, &laquo; rain &raquo;, ce sont les bombes) sans rien d&rsquo;ostentatoire. Apr&egrave;s ce sommet, Tom Fogerty d&eacute;cide de s&rsquo;&eacute;loigner du groupe, <em>Pendulum</em> sera leur derni&egrave;re collaboration. Une descente s&rsquo;est amorc&eacute;e, elle va se confirmer avec leur catastrophique dernier album : <em>Mardi gras</em>. Malgr&eacute; quelques petites perles comme <em>&laquo; Have you ever seen the rain ? &raquo;</em> ou <em>&laquo; Sweet Hitch Hiker &raquo;</em>, ces albums manquent de coh&eacute;rence et d&rsquo;enthousiasme. Fogerty reprend les claviers, &eacute;volue vers une complexit&eacute; moins convaincante, et instaure une d&eacute;mocratie aux effets d&eacute;sastreux sur la cr&eacute;ativit&eacute; du trio.<br /><br />La s&eacute;paration de Creedence Clearwater Revival aura lieu le 16 octobre 1972. Elle sonnera le d&eacute;but de carri&egrave;res solo plut&ocirc;t m&eacute;diocres. Quelques reformations occasionnelles ont lieu jusqu&rsquo;au d&eacute;c&egrave;s de Tom Fogerty en 1990. John Fogerty, toutefois, reste fid&egrave;le aux racines profondes de l&rsquo;Am&eacute;rique et parvient encore &agrave; nous faire r&ecirc;ver, avec des album comme <em>Centerfield</em> (1985) ou <em>Blue Moon Swamp</em> (1997), aux rives du Mississippi o&ugrave; pour une fois la voix de l&rsquo;homme blanc se fond &agrave; la douceur de vivre.<br /><br />","mainImageUrl":"https://universalmusic.fr/cached-images/LEGACY/35524/460x","mainImagePhotographerName":"Courtesy Of The Fantasy Archives","visitedCounter":"13782","oldId":2989,"genres":[],"name":"Creedence Clearwater Revival","birthDate":null,"shortBiography":"Apr&egrave;s le Sgt. Pepper's des Beatles, beaucoup ont pu penser en avoir fini avec cette sacro-sainte galette de douze chansons agr&eacute;ables, voire dansantes, ne d&eacute;passant jamais les trois minutes, et bien s&ucirc;r exemptes de tout message politique ou d&rsquo;&eacute;vocation d&rsquo;un quelconque paradis chimique&hellip; on avait tort : au beau milieu du mouvement hippie contestataire et des nouvelles tendances &agrave; intellectualiser le rock, Creedence Clearwater Revival, men&eacute; par l&rsquo;impressionnant John Fogerty, est arriv&eacute; en quatre ann&eacute;es seulement, a s&rsquo;imposer comme une (si ce n&rsquo;est la) r&eacute;f&eacute;rence plan&eacute;taire du rock n&rsquo; roll, dans ce qu&rsquo;il comporte de plus authentique et de plus positif.<br /><br />","birthPlace":"United States"}