{"talentId":"20000029453","dotDigitalId":"6896334","realName":"","longBiography":"L'histoire de R.E.M. d&eacute;bute par la rencontre, fin 1978, du Californien Peter Buck et du G&eacute;orgien Michael Stipe dans un magasin de disques d'Athens, en G&eacute;orgie. Le premier y travaille, le second est un client assidu, et les deux hommes ne tardent pas &agrave; sceller leur amiti&eacute; autour d'une passion commune pour la sc&egrave;ne punk new-yorkaise, et en particulier pour Patti Smith et son premier album <em>Horses</em>. De l&agrave; &agrave; former un groupe de rock, il n'y a qu'un pas, que Stipe (chant) et Buck (guitare), rejoints par Mike Mills &agrave; la basse et Bill Berry &agrave; la batterie, franchissent en janvier 1980. Apr&egrave;s avoir envisag&eacute; une s&eacute;rie de noms au go&ucirc;t douteux (Negro Eyes, Cans Of Piss ou encore Slut Bank), et donn&eacute; un premier concert en avril sous le nom de Twisted Kites, le quatuor finit par se baptiser R.E.M., d'apr&egrave;s le mouvement oculaire rapide (Rapid Eye Movement) qui se produit durant le sommeil, lorsque d&eacute;bute la phase de r&ecirc;ve.<br><br>Les concerts s'encha&icirc;nent les mois suivants, permettant au groupe de r&ocirc;der un d&eacute;but de r&eacute;pertoire. L'apprentissage se poursuit durant le printemps 1981, lorsque R.E.M. investit les studios Drive-In de Mitch Easter pour y enregistrer ses premi&egrave;res maquettes. De ces s&eacute;ances sera &eacute;dit&eacute; un single,<em> &laquo;&nbsp;Radio Free Europe&nbsp;&raquo;</em> (juillet 1981), qui, malgr&eacute; une distribution artisanale (1000 exemplaires seulement sont press&eacute;s sur leur label Hibtone, devenu un &laquo;&nbsp;collector&nbsp;&raquo; cot&eacute; un minimum de 150 $), suscite des r&eacute;actions tr&egrave;s positives, au point d'&ecirc;tre &eacute;lu &laquo;&nbsp;Single ind&eacute;pendant de l'ann&eacute;e&nbsp;&raquo; par le c&eacute;l&egrave;bre magazine Village Voice o&ugrave; le rock critique Robert Christgau encensera leurs premiers albums.<br><br>Fort de ce succ&egrave;s, le groupe retourne en studio d&egrave;s le mois d'octobre pour y enregistrer le EP Chronic Town qui sort au printemps 1982 sur le label I.R.S. de Miles Copeland, le fr&egrave;re du batteur de Police, qui vient de signer R.E.M., et rencontre, une fois de plus, un &eacute;cho extr&ecirc;mement favorable. Il est vrai que la personnalit&eacute; du groupe, domin&eacute;e par les arp&egrave;ges de guitare de Peter Buck et le chant souvent inintelligible de Michael Stipe, est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s affirm&eacute;e, et poss&egrave;de de quoi marquer les esprits. Autour de cette base solide, le groupe, fort logiquement, n'a plus qu'&agrave; peaufiner les d&eacute;tails - ce qu'il fait de fort brillante mani&egrave;re avec un premier album aux climats brumeux&nbsp;: Murmur, en avril 1983. Le succ&egrave;s est imm&eacute;diat, et le disque, &eacute;lu &laquo;&nbsp;disque de l'ann&eacute;e&nbsp;&raquo; par le magazine Rolling Stone, se hisse dans le Top 40 au Billboard.<br><br>Si le deuxi&egrave;me album, <em>Reckoning </em>(avril 1984) creuse sensiblement le m&ecirc;me sillon (malgr&eacute; un son l&eacute;g&egrave;rement plus &laquo;&nbsp;live&nbsp;&raquo;), le troisi&egrave;me opus, <em>Fables Of The Reconstruction</em> (juin 1985) signale un tournant&nbsp;: pour la premi&egrave;re fois depuis les d&eacute;buts du groupe, Mitch Easter ne participe plus &agrave; la production, qui est d&eacute;l&eacute;gu&eacute;e &agrave; Joe Boyd, renomm&eacute; pour son travail sur les disques de Pink Floyd, Soft Machine, Nick Drake ou Richard Thompson. Enregistr&eacute; &agrave; Londres par un groupe qui vit alors ses premi&egrave;res v&eacute;ritables tensions (de l'aveu m&ecirc;me de ses membres, R.E.M. faillit imploser durant les s&eacute;ances), l'album est passablement plus sombre que ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, ce qui ne l'emp&ecirc;che pas d'asseoir la domination du groupe sur &laquo;&nbsp;l'&nbsp;underground&nbsp;&raquo; musical.<br><br>H&eacute;ros des radios &eacute;tudiantes, ayant engendr&eacute;, en l'espace de quelques mois, une impressionnante l&eacute;gion de clones au sein du mouvement rock alternatif am&eacute;ricain, R.E.M. ne parvient pas encore pour autant &agrave; conqu&eacute;rir le grand public, et ne semble d'ailleurs pas s'en soucier. Pourtant, le choix de Don Gehman (producteur attitr&eacute; &agrave; l'&eacute;poque de John Cougar Mellencamp et de Brian Setzer, entre autres) derri&egrave;re les manettes de <em>Lifes Rich Pageant</em> (juillet 1986), peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un premier effort du groupe pour accro&icirc;tre sa popularit&eacute;. La tentative s'av&egrave;re payante artistiquement (le chant de Michael Stipe, en particulier, est mieux mis en valeur, et ses textes deviennent, de fait, moins n&eacute;buleux), mais elle l'est un peu moins d'un point de vue commercial, m&ecirc;me si R.E.M. continue, petit &agrave; petit, &agrave; s&eacute;duire de nouveaux auditeurs. I.R.S., en tous cas, continue d'y croire, et publie en avril 1987 <em>Dead Letter Office </em>une compilation de titres rares et in&eacute;dits, qualifi&eacute;s &laquo;&nbsp;d'articles de brocante&nbsp;&raquo; par Peter Buck.<br><br>Produit par Scott Litt, le cinqui&egrave;me album, <em>Document</em> (septembre 1987) poursuit la d&eacute;marche &laquo;&nbsp;d'ouverture&nbsp;&raquo; de R.E.M. L'attrait commercial des chansons y est de plus en plus patent (et ce, sans que le groupe ait modifi&eacute; grand'chose - si ce n'est la production de ses disques - depuis Murmur), et le public ne s'y trompe pas&nbsp;: le disque est un r&eacute;el succ&egrave;s, et, pour la premi&egrave;re fois, l'un de ses extraits (&laquo;&nbsp;<em>The One I Lov</em>e&nbsp;&raquo;) devient un tube aux USA (n&deg;9).<br><br>R.E.M. comprend alors qu' I.R.S. n'a pas les reins suffisamment solides pour lui permettre de franchir l'&eacute;tape commerciale suivante. Le groupe signe donc avec une major (Warner Bros), et sort dans la foul&eacute;e l'album <em>Green</em> (novembre 1988), qui engendre un nouveau tube (&laquo;&nbsp;Stand&nbsp;&raquo;, n&deg;6). A l'issue d'une tourn&eacute;e mondiale qui le voit jouer dans des salles de plus en plus importantes (et m&ecirc;me des stades, aux Etats-Unis), le groupe s'accorde une longue pause, durant laquelle Berry, Buck et Mills s'associent en 1990 avec Warren Zevon pour le &laquo;&nbsp;side project&nbsp;&raquo; &eacute;ph&eacute;m&egrave;re Hindu Love Gods (Giant Records) et leurs reprises iconoclastes de standards tous azimuts (Robert Johnson, Willie Dixon, Woody Guthrie, Prince...). Le m&ecirc;me trio apportera sa caution au retour de leur h&eacute;ros Reg Presley des Troggs en 92, pour l'album Athens Andover. R.E.M. ne revient qu'en mars 1991 avec Out Of Time.<br><br>D&egrave;s sa sortie, l'album se place en t&ecirc;te des charts en Angleterre et aux Etats-Unis (o&ugrave; il se vend &agrave; plus de 4 millions d'exemplaires dans l'ann&eacute;e), et le premier extrait, <em>&laquo;&nbsp;Losing My Religion&nbsp;&raquo;</em>, est un tube mondial qui fait d&eacute;finitivement basculer le groupe dans la cat&eacute;gorie des superstars du rock. Une cons&eacute;cration d'autant plus &eacute;tonnante qu'aucune tourn&eacute;e ne vient soutenir le disque.&nbsp;Mais MTV en assure le succ&egrave;s, notamment avec les diffusions &agrave; l'envi du clip de &laquo;&nbsp;<em>Shiny Happy People&nbsp;</em>&raquo;, l'autre tube du disque, avec Kate Pierson des B-52's.<br><br>Cette tendance introspective s'amplifie sur <em>Automatic For The People</em> (octobre 1992). De mani&egrave;re tout &agrave; fait paradoxale, ce disque dense et sombre, p&eacute;tri de r&eacute;f&eacute;rences de la part de Stipe (Montgomery Clift, Andy Kaufman) va se vendre &agrave; plus de 15 millions d'exemplaires, tout en offrant &agrave; R.E.M. plusieurs tubes plan&eacute;taires (dont la ballade &laquo;&nbsp;<em>Everybody Hurts</em>&nbsp;&raquo;, aux allures d'hymne) - et ce, toujours sans le support des concerts.<br><br>Dans ce contexte, R.E.M., pass&eacute; ma&icirc;tre dans l'art du contre-pied, surprend son monde avec le brutal <em>Monster </em>(septembre 1994), ses grosses guitares ostensiblement mises en avant (Peter Buck semble en effet avoir enfin trouv&eacute; le bouton du tremolo sur l'amplificateur de sa guitare), et un inattendu lyrisme sexuel de la part de Michael Stipe (&laquo;&nbsp;<em>Star 69</em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Crush With Eyeliner</em>&nbsp;&raquo;). Au fa&icirc;te de sa gloire, le groupe, visiblement d&eacute;sireux de prouver qu'il sait toujours jouer du rock, emm&egrave;ne l'album sur la route, pour la premi&egrave;re fois depuis <em>Green</em>. Deux mois apr&egrave;s son lancement, la tourn&eacute;e est marqu&eacute;e par un drame&nbsp;: le 1er mars 1995, lors d'un concert &agrave; Lausanne, Bill Berry s'effondre, victime d'une rupture d'an&eacute;vrisme dont il se remettra toutefois en quelques semaines.<br><br>A l'issue de la tourn&eacute;e, R.E.M. entre en studio pour y peaufiner de nouveaux titres enregistr&eacute;s lors des balances du &laquo;&nbsp;Monster Tour&nbsp;&raquo;. L'album qui en r&eacute;sulte, <em>New Adventures in Hi-Fi</em>, sort en septembre 1996. Long, in&eacute;gal et d&eacute;cousu, il marque &eacute;galement un temps d'arr&ecirc;t dans la trajectoire commerciale jusqu'alors immacul&eacute;e de R.E.M. - alors m&ecirc;me que le groupe vient de prolonger son contrat avec Warner pour la modique somme de 80 millions de dollars (record toujours in&eacute;gal&eacute;). Sans le savoir, R.E.M. entre alors dans une zone de turbulences dont il ne ressortira pas indemne.<br><br>En effet, le 30 octobre 1997, Bill Berry, fatigu&eacute; de la vie de pop star, annonce son d&eacute;part du groupe. D&eacute;sar&ccedil;onn&eacute;s, ses trois camarades prennent le temps de r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; leur avenir, avant de d&eacute;cider de continuer sous la forme d'un trio, occasionnellement augment&eacute; de musiciens &laquo;&nbsp;ext&eacute;rieurs&nbsp;&raquo;. Le groupe recompos&eacute; se remet au travail, et, pour la premi&egrave;re fois depuis <em>Lifes Rich Pagean</em>t, choisit de ne pas faire appel &agrave; Scott Litt pour produire son nouveau disque. Les s&eacute;ances s'av&egrave;rent difficiles (le groupe manque se s&eacute;parer durant l'enregistrement), mais finissent par donner naissance &agrave; <em>Up </em>(septembre 1998), qui, &agrave; sa sortie, re&ccedil;oit un accueil plut&ocirc;t mitig&eacute; (&laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; 2 millions d'exemplaires vendus). La tourn&eacute;e suivante est n&eacute;anmoins un succ&egrave;s, avec leur &laquo;&nbsp;idole&nbsp;&raquo; Patti Smith en premi&egrave;re partie (5 juillet 1999 au P.O.P.B. &agrave; Paris).<br><br>A l'issue de cette crise, le parcours de R.E.M. devient plus lin&eacute;aire et pr&eacute;visible, semblable &agrave; celui des autres groupes ayant atteint ce niveau de notori&eacute;t&eacute;&nbsp;: un nouvel album tous les trois ans (<em>Reveal</em>, &nbsp;en mai 2001&nbsp;; <em>Around the Sun</em>, en octobre 2004, tous deux d&eacute;cevant les fans). une tourn&eacute;e mondiale&nbsp;tous les deux ou trois albums (en 2005 et en 2009)&nbsp;; et entre temps, des apparitions diverses sur des bandes originales de films (<em>Man On The Moon</em>, en 1999) et des sorties destin&eacute;es &agrave; &laquo;&nbsp;combler les trous&nbsp;&raquo; (depuis 2003, R.E.M. a publi&eacute; deux compilations, un album live et plusieurs DVD). Pour naturelle qu'elle soit, cette &laquo;&nbsp;normalisation&nbsp;&raquo; d&eacute;&ccedil;oit fatalement de la part d'un groupe qui, plus que tout autre, a su concilier exigence artistique et succ&egrave;s commercial. <br><br>Le groupe d'Athens d&eacute;cide alors de faire sa r&eacute;volution. En juillet 2007, il&nbsp;propose au public d'assister &agrave; un \"concert-r&eacute;p&eacute;tition\" dans lequel la setlist est compos&eacute;e de morceaux anciens et rarement jou&eacute;s et de morceaux en cours d'&eacute;criture.&nbsp;Cette remise en question est archiv&eacute;e dans le double CD/DVD&nbsp;<em>Live at the Olympia in Dublin</em> (39 Songs) enregistr&eacute; en 2007 et&nbsp;paru en 2009.&nbsp;Cette r&eacute;volution passe par l'envie de se faire plaisir et de plus perdre de temps. L'album <em>Accelerate </em>(2008)&nbsp;voit R.E.M. revenir &agrave; ses fondamentaux (un son rock taill&eacute; pour la sc&egrave;ne) avec une &eacute;nergie juv&eacute;nile qui ravit les fans de la premi&egrave;re heure. En mars 2011, le trio ressort des studios avec le volontaire <em>Collapse Into Now</em>&nbsp;produit par Jacknife Lee. La marraine Patti Smith fait sa r&eacute;apparition sur le titre <em>&laquo; Blue &raquo;</em> tandis que Peaches et Eddie Vedder viennent en appoint sur d'autres morceaux.&nbsp;<br><br>Au cours de l'&eacute;t&eacute; 2011, alors que le trio planche sur une r&eacute;trospective couvrant trois d&eacute;cennies, il r&eacute;alise que le temps est venu de tirer sa&nbsp;r&eacute;v&eacute;rence. Le 21 septembre 2011, c'est la stupeur : le groupe R.E.M. annonce par un communiqu&eacute; sur son site&nbsp;internet qu'il met un point final &agrave; son histoire. Un greatest-hits recouvrant cette fois-ci la totalit&eacute; de leur carri&egrave;re (ann&eacute;es IRS et Warner Records) est &agrave;&nbsp;para&icirc;tre&nbsp;en novembre 2011.","mainImageUrl":"https://universalmusic.fr/cached-images/LEGACY/72778/460x","mainImagePhotographerName":"David Belisle","visitedCounter":"10032","oldId":14088,"genres":[],"name":"R.E.M.","birthDate":null,"shortBiography":"<p>Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir acquis une renommée mondiale tout en ayant su rester fidèle à l'esprit, sinon au son, de leurs premiers enregistrements. C'est pourtant l'exploit qu'est parvenu à accomplir R.E.M. tout au long d'une ascension vers la gloire qui a culminé durant la première moitié des années 1990, via les succès mondiaux de <em>Out of Time</em> en 1991 et <em>Automatic for the People</em> en 1995. Le groupe a su garder intacts son instinct mélodique, sa fragilité et son mystère. Ces caractéristiques furent d'ailleurs toujours présentes dans sa musique, malgré le mouvement de déclin, léger mais réel, qu'a entamé R.E.M. au cours de la décennie suivante. Conscients de cette nécessité de rebooster leurs son et image, Stipe, Buck et Mills publient <em>Accelerate</em> en 2008 et <em>Collapse Into Now</em> en 2011, deux albums en prise avec leur époque. Mais l'histoire s'arrête là. Le 21 septembre 2011, le groupe décide que le temps de la séparation a sonné et le stipule par un communiqué sur son site officiel.</p>","birthPlace":"United States of America"}