“Man Made Object”, le premier album de GoGo Penguin pour Blue Note Tout sur GoGo Penguin

“Man Made Object”, le premier album de GoGo Penguin pour Blue Note

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Publié le 05 février 2016

Les deux années qui viennent de s’écouler ont été riches en émotions pour les membres de GoGo Penguin, le groupe de Manchester. Leur album “v2.0” a été nommé aux Mercury Awards. Ils ont joué dans le monde entier face à un public de plus en plus nombreux, sur des scènes aussi réputées que celles du Koko, de l’Union Chapel et du Barbican Centre à Londres ou dans le cadre d’évènements aussi prestigieux que le Worldwide Festival organisé par Gilles Peterson dans le sud de la France, du festival Jazz à la Villette, de l’Überjazz de Hambourg ou encore du Dimensions Festival en Croatie.
S’aventurant pour la première fois en Amérique du Nord, ils ont multiplié les concerts à guichet fermé à travers le Canada et le public du Rochester Jazz Festival dans le nord de l’Etat de New York a salué la qualité de leur prestation par une standing ovation. En octobre, ils ont interprété en live la bande son de “Koyaanisqatsi”, à l’occasion d’une projection du film culte de Godfrey Reggio au Home, le nouveau centre culturel de Manchester. En novembre, ils ont collaboré avec la célèbre chorégraphe Lynn Page à l’occasion d’une soirée dont Gilles Peterson assurait la programmation dans le cadre du London Jazz Festival. En plus de tout cela, le groupe a également signé un contrat pour trois albums avec Blue Note Records, le plus illustre des labels de jazz au monde.
Le nouvel album de GoGo Penguin a pour titre “Man Made Object”. « Ce choix est en partie lié à ma fascination pour la robotique et pour les concepts de transhumanisme et d’amélioration humaine », explique le pianiste Chris Illingworth.
Euh… pardon ?
« Lorsqu’après avoir perdu un membre, une personne est équipée d’une prothèse, celle-ci finit parfois par être à tel point intégrée au corps, que l’hôte en vient à imaginer éprouver des sensations. D’une manière un peu étrange, ce phénomène entre en résonance avec ce que nous faisons. Nous recréons de la musique électronique à partir d’instruments acoustiques. Comme un artefact qui finit par s’humaniser. Ça nous a semblé être un bon titre d’album également parce qu’il a une signification différente pour chacun d’entre nous et, espérons-le, pour chaque auditeur. »
S’ils jouent bien sur de véritables instruments, les membres de GoGo Penguin s’inspirent indéniablement des différents courants de la musique électronique, leur amour pour les bips de jeux d’arcade, les motifs rythmiques les plus surprenants, les mélodies hypnotiques à la Aphex Twin et les lignes de basses puissantes transparaissant à tout moment dans leur musique. Cette dernière a parfois été décrite comme de l’“electronica acoustique”, une expression qui traduit parfaitement leur manière de composer.
« Un bon nombre des chansons de l’album proviennent de morceaux que j’ai composés avec des logiciels de séquençage comme Logic ou Ableton », explique le batteur Rob Turner. « Après avoir enregistrés ces maquettes, je les faisais écouter aux autres et on trouvait ensemble un moyen de les jouer avec nos instruments ».
“Branches Break”, titre aux sonorités orientalisantes où le bassiste Nick Blacka multiplie l’emploi de pédales d’effets, trouve par exemple son origine dans un morceau inspiré par FourTet composé sur ordinateur. Sur “Initiate”, un titre tout en délicatesse dont l’atmosphère n’est pas sans évoquer la musique d’Amon Tobin, Chris Illingworth et Nick Blacka parviennent également à retranscrire à la perfection l’essence d’un morceau définitivement électro composé à l’origine par Rob Turner. De même, sur “Protest”, le dernier titre de l’album, Rob Tuner et Nick Blacka accomplissent l’exploit de reproduire sur leurs instruments un motif rythmique à la difficulté diabolique programmé à l’origine par Chris Illingworth sur son iPhone.
Sur “Smaara”, Chris est parvenu à restituer le son d’un synthétiseur en enveloppant les cordes de son piano de sopalin. « C’est un peu le son d’un oscillateur qu’on est en train de régler », explique le pianiste, « En jouant sur l’attaque les notes, on parvient à obtenir ce son électronique sans pour autant utiliser de machine ».
Rob Turner a eu l’idée de “Weird Cat” après avoir enregistré un chat de gouttière qui miaulait sous sa fenêtre. « C’était vraiment une merveilleuse mélodie », se souvient le batteur. « On aurait dit un titre de Burial. Vers la fin du morceau, on tend plus vers la musique de Squarepusher, cela dit… »
Des questions d’ordre plus spirituel constituent le point de départ d’autres titres. “Quiet Mind” et “Surrender To Moutain”, morceaux aussi minimalistes qu’hypnotiques, s’inspirent tous deux d’“I Am That”, un livre d’entretien avec le guru indien Sri Nisargadatta Maharaj. La composition portant le titre énigmatique de “GBFISYSIH” est une déchirante complainte à travers laquelle les membres du groupe rendent hommage à un vieil ami. Quant à “All Res”, le morceau qui ouvre l’album, il trouve sa source d’inspiration dans l’image de raies de lumière traversant des nuages.
Comme “v2.0”, “Man Made Object” a été enregistré et produit par Joe Reiser et Brendan Williams aux studios Giant Wafer au cœur du pays de Galles et aux studios 80 Hertz à Manchester. « Joe joue un rôle crucial, que ce soit en concert ou en studio », explique Nick Blacka. « Il place des tonnes de microphones autour de nos instruments pour s’assurer que le moindre son est bien enregistré. Le mixage est aussi très différent de celui qu’ont retrouve sur les albums des autres trio jazz : la basse occupe une place beaucoup plus importante et l’accent est mis sur les médium ce qui permet de dynamiser les morceaux. »
Les membres de GoGo Penguin sont étroitement liés à la scène jazz de Manchester. Leurs deux premiers albums sont sortis sur Gondwana Records, le label de leur ami Matthew Halsall ; Rob Turner et Nick Blacka ont fait leurs armes au Matt & Phreds Jazz Club dans le nord de la ville ; Chris Illingworth a étudié la musique classique au Royal Northern College of music… Le groupe répète par ailleurs à la Wellington House, une ancienne usine de fabrication textile du quartier d’Ancoats dont les studios sont loués par des centaines de designers et d’artistes, comme le groupe Everything Everything, également nommé pour le Mercury Prize par le passé.
GoGo Penguin s’est d’autre part produit dans les lieux les plus atypiques de la ville comme au Soup Kitchen, à l’Antwerp Mansion ou au Roadhouse, salle désormais disparue, dans le cadre des soirées Norvun Devolution. De temps à autres, le bassiste Nick Blacka assure même la programmation d’événements où se mêlent DJs, groupes de rocks et compositeur de musique contemporaine, au Klondyke, un ancien bowling de Lenvenshulme dans la banlieue de Manchester, “Man Made Object” est le premier des trois albums prévus par le contrat qui lie GoGo Penguin et Blue Note. Avec cette signature, le groupe rejoint le club très fermé des artistes britanniques (comme Stan Tracey, Andy Sheppard, Orphy Robinson, Us3 et Van Morrison) ayant signé sur le plus grand label de jazz du monde. Non que GoGo Penguin se considère, à proprement parler, comme un groupe de jazz. « Le jazz est une catégorie dans laquelle on place tout autant Ornette Coleman que Robbie Williams lorsqu’il est accompagné par un big band », fait observer Rob Turner. « Ce terme manque de précision et ne sert donc pas à grand chose : un peu comme le mot “mammifère” qui désigne tout autant la baleine que le hamster. Les gens dépensent tellement d’énergie dans des discussions qui n’en finissent pas au sujet de ce qui est jazz ou non… Vous avez forcément tort, à partir du moment où vous acceptez de rentrer là-dedans. L’important pour nous est d’écrire de la bonne musique, c’est là-dessus que nous préférons nous concentrer. »

GoGo Penguin, nouvel album “Man Made Object”, maintenant disponible




 

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