“Kalthoum” et “Red & Black Light”, les deux nouveaux projets d’Ibrahim Maalouf Tout sur Ibrahim Maalouf

“Kalthoum” et “Red & Black Light”, les deux nouveaux projets d’Ibrahim Maalouf

X

Publié le 25 septembre 2015

En 2014, Ibrahim Maalouf reçoit pour son album "Illusions" une Victoire de la Musique dans la catégorie Meilleur album de musiques du monde. Le grand public découvre alors un artiste complet dont il ne connaissait que ses collaborations avec Amadou et Mariam, Vincent Delerm, Sting, Matthieu Chedid, Salif Keita, Lhasa de Sela…
La même année, il réalise et compose les albums “Funambule” pour Grand Corps Malade qui deviendra double disque d’or, suivi en 2015 d’une nomination aux Césars pour la bande originale du film “Yves Saint Laurent” de Jalil Lespert. Et si composer pour le cinéma est une passion qui lui prend de plus en plus de temps, la chanson n’est pas en reste puisqu’il vient de produire, réaliser et composer sur son label Mi’ster l’album qui marquera le retour sur scène de la chanteuse Natacha Atlas.
Ibrahim parcourt le monde depuis la trilogie “DIA” (3 albums sortis entre 2007 et 2011) et son hommage à Miles Davis “Wind” sorti en 2012 mais sa vie musicale aura commencé dès son plus jeune âge, quand baigné dans une double culture musicale, classique et arabe, il héritera de l’instrument unique inventé par son père Nassim Maalouf, la trompette à 1/4 de tons, qui permet de jouer les modes propres à la musique arabe.

“Kalthoum”, l’un de ses deux nouveaux projets, est une célébration des femmes qui ont bouleversé le cours de l’histoire à travers la figure emblématique d’Oum Kalthoum, véritable monument de l’histoire du peuple arabe, qu’Ibrahim a beaucoup écouté depuis son enfance.
Voici comment il introduit cet album :
« Mon père était un grand fan de l’étoile de l’Orient, c’est celle qui élevait selon lui au plus haut l’art du “Mawal”, cette tradition qui consiste à improviser pendant de longues minutes selon une technique et une virtuosité propres aux modes traditionnels arabes. Il m’a appris à chanter ses chansons les plus connues, et était toujours soucieux que je les interprète avec le plus de justesse et de précision possible, tant et si bien qu’elles ont imprégné durablement ma vision du lyrisme et de l’interprétation vocale. N’étant moi-même pas chanteur, j’essaie à travers mon instrument de transmettre cet amour que j’ai pour un art finalement extrêmement peu pratiqué, celui de “Tarab”.
C’est évidemment très complexe de tenter d’expliquer ce qu’est le “Tarab” en musique, puisque c’est une émotion, une sensation d’extase, un art de vivre heureux, alors il m’a semblé plus judicieux de tenter une expérience, un exercice de style, celui de la traduction musicale. 
Avec le pianiste Frank Woeste nous avons “transcrit” dans un jazz assez conventionnel, mais nous l’espérons innovant de par son métissage, l’un des plus grands succès de la diva égyptienne : “Alf Leila Wa Leila” (“Les Mille et une Nuits”). 
Cette chanson de 1969 composée par Balighe Hamidi est une suite d’environ une heure (durée commune à cette époque pour les œuvres de cette catégorie), avec un refrain de 3 minutes et des couplets allant de 5 à 25 minutes. 
Déjà pour l’époque, l’écriture est un compromis entre tradition arabe et orchestration occidentale. 
Cette vision artistique est aussi pour moi une façon de prouver musicalement que la culture arabe est compatible en toute simplicité avec les codes occidentaux, sans pour autant renier son identité d’origine. 
Ces mélodies arabes que nous reprenons, bien que fondamentalement traditionnelles, se mélangent très facilement aux harmonies, et aux rythmes du jazz new-yorkais.
Le point commun entre ces deux cultures musicales est l’improvisation, et c’est sur ce terrain que s’inscrit le dialogue. C’est le dénominateur commun qui rend l‘échange possible.
Enregistré et mixé à New York avec la même équipe que l’album “Wind” (2011) qui était un hommage à Miles Davis, c’est en toute logique que j’ai envisagé “Kalthoum” comme une continuité de cette belle aventure discographique avec Larry Grenadier (contrebasse), Clarence Penn (batterie), Mark Turner (saxophone) et Frank Woeste (piano). »

“Red & Black Light”, son second projet est une ode à la femme d’aujourd’hui et à son rôle fondateur et fondamental dans l’espoir d’un avenir meilleur. 
Ibrahim : « Les femmes de ma famille ont eu, et ont encore aujourd’hui, une influence incommensurable sur tout mon travail musical. Notamment parce que leur façon de gérer la vie quotidienne et celle de leur entourage m’inspire considérablement dans l’écriture de mes compositions. Malgré des vies en labyrinthes, complexes et souvent dramatiques, elles portent en elles une force et une stabilité similaires à une forme de transe inébranlable. Elles me donnent l’impression de ne jamais perdre de vue ce qui est essentiel. Elles réussissent à rendre accessible chaque difficulté de la vie en ne gardant que ce qui compte, en libérant les énergies négatives et en évacuant toutes les inutilités parasites qui souvent nous empêchent de voir les choses fondamentales. 
Leur souplesse et leur ouverture d’esprit ont transformé chacune de nos inquiétudes, de nos angoisses en une recherche insoupçonnée de bonheur et de simplicité. Cette philosophie de vie qu’elles m’ont transmis est sans aucun doute selon moi le résultat d’une éducation puissante ancrée dans la tradition, mais qui a su aussi se moderniser sans avoir peur de se remettre en question. 
C’est ainsi que j’ai envisagé cet album. Ne pas avoir peur de développer mes mélodies et de les libérer de leur aspect traditionnel, parce que précisément cette tradition est inhérente aux mélodies même. Peu importe le traitement musical, elle n’est donc pas remise en question. Il s’agit de mettre en valeur ces mélodies au-delà des limites connues de leur propre existence, en leur donnant une autre lecture, un sens nouveau.
Axé sur une esthétique plus actuelle, plus électro, voire pop, cet album est constitué de mes compositions ainsi que d’une reprise d’une diva d’aujourd’hui, Beyonce. Bien qu’étant particulièrement complexes dans leur écriture (avec des polyrythmies en 19, 17 ou 27 temps par exemple), nous avons, avec les 3 musiciens qui m’entourent, arrangé ces thèmes musicaux, de manière à ce que jamais le poids de l’écriture et de la complexité rythmique, ne soit subi par l’auditeur. Nous avons souhaité contourner le piège de l’élitisme, de la performance et de l’écriture scientifique pour élaborer un album transparent, limpide et abordable pour tout le monde, sur lequel le public peut même danser ou chanter, mais qui regorge néanmoins d’une multitude de superpositions insoupçonnées de thèmes, d’harmonies et de rythmes, que seule une lecture mathématique de l’album pourrait trahir. 
Enregistré à Ivry-sur-Seine avec Eric Legnini (claviers), François Delporte (guitare) et Stéphane Galland (batterie), cet album est avant tout une envie de dessiner avec simplicité l’importance et la nécessaire complexité des choses et des personnes essentielles. »



Nouvel album “Kalthoum”
maintenant disponible

- TRACKLISTING -

01 - Introduction
02 - Overture I
03 - Overture II
04 - Movement I
05 - Movement II
06 - Movement III 
07 - Movement IV 




Nouvel album “Red & Black Light”
maintenant disponible

- TRACKLISTING -

01 - Elephant's Tooth
02 - Escape 
03 - Improbable 
04 - Essentielles 
05 - Free Spirit 
06 - Red & Black Light 
07 - Goodnight Kiss 
08 - Run The World (Girls) 

 

Suivre Ibrahim Maalouf

news

Keren Ann brille dans “Bleue”, son nouvel album

news

“Honk”, le nouveau best of des Rolling Stones !

news

“Process”, l’album de 404Billy

news

Alain Bashung : “Immortel”, l'intégrale 1977-2018

news

“Do Outro Lado Do Azul”, le nouvel album d'Andrea Motis

news

“Trust in The Lifeforce Of The Deep Mystery”, l’album du trio psyché jazz The Comet Is Coming

X

Avec votre compte
Universal:

  • Accédez à des contenus avant tout le monde
  • Gagnez des cadeaux (vinyles, places…)
  • Trouvez des playlists au plus près de vos humeurs
  • Recommandations personnalisées
X

Acheter

00:00
00:00