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« On part d'un petit piano, tout seul dans son coin, et on se grandit pour combler le vide. » Quand Stanislas, l'homme à l'âme orchestre, parle de son travail, ça ressemble à un credo : la musique pour s'élever, prendre de la hauteur, comme on peut. Du funambulesque “Equilibre Instable” en 2007, aux aériens "Carnets de la Vigie" trois ans après, Stanislas a toujours eu la tête dans les nuages et le cœur dans les étoiles. Et ce troisième album solo, inauguré par le single “Ma Solitude” et concocté après un hommage à Fred Astaire et l'aventure du groupe Circus, n'échappe pas à cette vertigineuse règle.


“Ma solitude” est sans doute le projet le plus ambitieux du créateur du "Manège". Le plus abouti aussi. Il met l'accent sur les intentions de l'artiste : une alternative entre condition terrienne et rêverie céleste, une métaphore des rapports amoureux, horizon et ligne de partage entre masculin et féminin. 


« Au départ, j'avais imaginé un disque de prières, raconte Stanislas. Pour moi la musique a toujours représenté quelque chose de sacré. Je cherchais un moyen d'expression qui me corresponde, pas uniquement orchestral mais avec une certaine forme d'énergie. Comme la bande originale d'un film imaginaire. Un mélange électro-symphonique qu'on entend beaucoup au cinéma mais peu dans les variétés. »


Pour ce faire, Stanislas a collaboré avec un spécialiste du “sound design” et auteur de musiques de documentaires, Sylvain Moreau. Le résultat, un disque épique et contrasté, à la texture sonore riche et dense, mariage audacieux de numérique et d'acoustique, cordes et synthés étroitement mêlés, chœurs et vocoders, envolées lyriques et couleurs urbaines à l'unisson. Un disque où planent aussi des réminiscences de Debussy, Ravel, Beethoven ou Stravinsky, comme un salut humble et reconnaissant aux compositeurs qui ont bercé l'artiste. 


Un album dont chaque chanson fait jaillir des images mentales, nées d'émotions musicales et cinématographiques : ainsi “Le Zouave”, complainte pour un fantôme emprisonné dans un corps de pierre, évoque “Les Visiteurs du Soir” de Marcel Carné, sur une rythmique empruntée au “Libera me Domine” du “Requiem” de Fauré. “Shangaï Night”, allusion à la violence d'un monde fasciné par la modernité et où les rapports humains sont devenus virtuels, rappelle l'univers de “Blade Runner”. Et “Ceux que j'aimais”, bouleversant cantique en forme d'interrogation spirituelle, emprunte à la fois la basse de “Twin Peaks” et un harmonium familial. 


Des visions que Stanislas a voulu enrichir encore en s'entourant d'une confrérie d'auteurs, certains familiers comme Amaury Salmon et Pierre-Dominique Burgaud, d'autres plus récents, Romain Lemire, Jean-Jacques Marnier ou David Verlant, parfois rencontrés à la faveur des ateliers d'écriture qu'il a animés. 


Prétexte à quelques escapades en dehors des sentiers symphoniques, comme “J'aimerais Être une Chanson”, fantaisie syncopée qui conte avec humour les étapes de la fabrication d'une chanson. Ou “Super Vintage”, nostalgie sixties esquissée avec le groupe Circus et exercice de remix virtuose que ne renierait pas un Voulzy.


“Là ou le ciel” (sans circonflexe sur l'adverbe), malgré son titre, semble hésiter à faire un choix. Entre ciel et terre, là où se rejoignent les contraires, là où les amours (“Tu Aimais Tout”) échouent parfois, rencontres improbables ou unions impossibles… Terre, ces “Nuits urbaines”, amours fugaces partagées avec la harpiste et chanteuse Cécile Corbel, sur un texte de Christophe Miossec. Terre encore, “Un Passage”, aux notes de musique égrenées comme les cailloux d'un Petit Poucet qui chercherait sa voie. 


Terre et ciel à la fois, ce “Septembre”, saison romantique aux éléments doux ou déchaînés, orages et vent ponctués par des tonnerres orchestraux. Ciel, ces “Métropoles Immobiles” vues d'avion, quand on se sent flotter dans l'azur, mi- machine mi-oiseau. Cieux enfin, “Ceux que j'aimais”, prière simple et grave qui clôt l'album, hommage aux chers disparus et psaume d'espérance qui brille comme une lumière dans un vitrail.


« Composer, c'est assembler » dit Stanislas. “Ma solitude”, son troisième album solo, en est l'exemple parfait : un alliage surprenant entre images et mots, mélodies et émotions, classicisme et modernité.


Tout ça imaginé avec un petit piano, seul dans un coin.