Sinik Sinik

Dernier single

2005 : « La main sur le cœur ». Double disque d’or. 2006 : « Sang Froid ». Double disque d’or. 2007 « Le toit du monde ». Double disque d’or. Plus de 400 dates de concerts à travers la France et le Monde et une myriade de collaborations avec des artistes allant de James Blunt à Kool Shen en passant par Diam’s, Kayna Samet, Soprano ou Big Ali. Peu de rappeurs de sa génération peuvent se targuer d’un tel palmarès ! Qu’on se le dise Sinik appartient à l’élite du rap français et cette année «Ballon d’or » son quatrième album est destiné au même résultat.
Au-delà des chiffres un autre fait est incontestable : Sinik respire le rap. Originaire des Ulis dans l’Essonne il écrit ses premiers textes dés l’âge de 13 ans. Sinik poursuit ensuite le « cursus classique » du rappeur underground : il pose sur des mixtapes, sort des maxis et participe même à des battles comme les célèbres «Dégaine ton style» qu’il va remporter en 2001. Aujourd’hui que ce soit de l’egotrip enflammé, un clash furieux, du storytelling précis ou un texte à thème Sinik maitrise tout les fondamentaux de l’art de la rime.
L’année passée ce stakhanoviste du micro décide enfin de faire une pause. Pas de studio. Rien. « Trois albums en trois ans, c’était voulu et cette année de repos aussi était programmée. J’en ai profité pour faire un peu de sport et reprendre une ‘vie normale’. » Pas tant que cela car ce MC dans l’âme note malgré tout des idées de thèmes, parfois gratte dix mesures sur un coin de papier mais rien de plus. Sinik a surtout besoin de réfléchir. Il prend en compte certaines remarques constructives et cherche le moyen d’aborder le mieux possible sa musique et améliorer son art. Son constat est simple : «on a dépassé les instrus à base de sample de pianos et violons et il faut prendre en compte cet aspect. J’ai voulu intégrer dans mon univers des sons sur lesquels les gens ne m’attendent pas du tout. » Pour ce quatrième album Sinik ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Ce technicien averti sur certains titres s’est aventuré sur d’autres rythmiques. « C’est bien car cela impose d’autre flows. Avant j’y étais réticent. Aujourd’hui mes egotrips sont je pense mieux écrits car plus variés dans mes débits. Ce sont des petits détails qui font des grosses différences à la fin. Maintenant je me suis ouvert et je possède une nouvelle arme dans mon arsenal. » Ses deux principaux artificiers pour « Ballon d’Or » sont des jeunes beatmakers plein de talents et d’énergie : Enzo Vega et Trakma. «Ce ne sont pas des débutants », tient à préciser Sinik, « mais Ils ont la niaque ! J’avais besoin de cette fraîcheur.» Sinik on le constate dans sa discographie ne s’est jamais reposé sur les noms de « gros producteurs ». Il peut en revanche se vanter d’avoir mis le pied à l’étrier à des beatmakers devenus ensuite des pointures dans le rap game. «J’ai besoin de travailler avec des gars qui ont des choses à prouver. Enzo Vega et Trakma ont une large palette qui va de la house au rap à l’ancienne ! Travailler avec eux me donne naturellement envie de te dépasser.»

Enfin, si « Ballon d’Or » est plus enlevé que ces trois précédents albums Sinik conserve dans cet opus ce qui fait aussi sa spécificité : les textes à thème et des histoires fortes. Ainsi sur le titre « Dialogue de sourds » Sinik peint parfaitement trois situations (une altercation entre un jeune et un policier, un adolescent incompris de ses parents et la dispute d’un jeune couple) où il n’y a plus de communications. Dans « Le banc des accusés » Sinik, comme il sait si bien le faire, nous met sur les pas d’un jeune du commissariat à la prison. «Un texte sur la prison n’est pas une obligation mais un devoir» reconnaît-il pudiquement, « je sais que cela fait plaisir aux gars qui sont à l’intérieur.» Enfin, dans « Inespéré » à travers son expérience de jeune père (sa fille s’appelle Inès) Sinik décrit une nouvelle génération de jeunes parents comme lui.
On le voit, plus que l’album de la maturité, un stade qu’il a dépassé, «Ballon d’or » est l’album de l’évolution pour Sinik. Jeune MC mais déjà aguerri à l’art de la rime, Sinik dans ce quatrième album se dépasse artistiquement. Bien sûr, ce passionné de football n’a pas choisi ce titre pour rien. « ‘Ballon d’Or’ est presque mieux qu’être Champion du monde. On a tous la prétention d’atteindre ce but. Je ne dis pas que je suis Ballon d’Or : je suis dans la course pour l’atteindre.» Sinik un artiste authentique sait que l’on n’atteint jamais la perfection. On la recherche constamment.