Lucinda Williams Lucinda Williams

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Dernier single

de la Louisiane

Fille du poète Miller Williams né en 1930, militant pour les droits civiques et célèbre pour sa lecture de l’une de ses oeuvres lors de l’inauguration de la présidence de Bill Clinton en 1997, elle naît dans le Sud Ouest de la Louisiane, écrit ses premières chansons à l’âge de six ans et joue déjà de la guitare à douze, bercée par Joan Baez, Bob Dylan et le country blues.

Elevée à Baton Rouge et à New Orleans avec sa sœur et son frère entre 1965 et 1970 (« ma musique vient de là »), elle est exclue de son école lorsqu’elle refuse de prononcer le discours traditionnel de fidélité au pays, protestant ainsi contre la guerre qu’il livre au Vietnam. Elle quitte vite le giron familial et parcourt Louisiane et le Texas proche en proposant son country-folk-blues dans des bars, avant de se fixer à Houston en 1974.

à Houston

Quatre ans plus tard elle enregistre dans le Mississippi pour la marque spécialisée Folkways quatorze reprises du genre, en duo aux guitares, privilégiant le répertoire de Robert Johnson. Deux ans plus tard elle s’entoure à Houston d’une petite formation pour un album de ses propres compositions inclut où elle mélange rythmes cajun et tradition country, et des rythmiques appuyées proches du country rock.

Sa manière unique de chanter en modulant souvent sa voix au cours d’une même phrase, ou la poussant soudainement au sommet de sa capacité, la rend vite reconnaissable et deviendra quelque peu son fonds de commerce, avec le répertoire de chansons de plus en plus personnelles et évocatrices qu’elle édifie. Son statut « culte » solidement établi, elle refuse néanmoins de signer un contrat discographique avec une major de l’industrie, rebelle à toute compromission, préférant la route aux studios.

Gurf Morlix

Ce n’est qu’en 1988 sur le label indépendant Rough Trade que Lucinda Williams propose des chansons véritablement mordantes, accompagnée entre autres par Jim Lauderdale, Juke Logan, et surtout par le guitariste et chanteur Gurf Morlix avec lequel elle co-produit, et qui devient une pièce essentielle dans sa carrière.

Ce beau disque n’obtient pas beaucoup de succès sinon d’estime, mais trois de ses morceaux vont bénéficier de reprises par des artistes mieux établis qu’elle, et installer plus tard Lucinda parmi le gratin des « singer songwriters » : « Crescent City » (sur New Orleans) par Emmylou Harris qui l’ajoute aussitôt à son répertoire et publiera en 1993, « Passionate Kisses » le premier hit de Mary Chapin Carpenter la même année, et le sublime « Changed The Locks » sur la séparation, re-baptisé « Change The Locks » par Tom Petty pour la musique du film She’s The One (Petits mensonges entre frères) en 1996.

Elle monte ensuite en puissance en 1992 avec un Sweet Old World qu’elle enregistre deux fois tant elle est insatisfaite du résultat, et dans lequel figure l’une de ses désormais rares reprises, celle du merveilleux « Which Will » de Nick Drake.

Car Wheels On A Gravel Road

Cette perfectionniste à la voix mordante va ensuite prendre six ans pour peaufiner l’un des chefs d’œuvre la musique américaine, Car Wheels On A Gravel Road. Cet album exceptionnel de bout en bout qui lui vaut un « grammy award » est un exploit que malheureusement Lucinda Williams n’a pas réédité ; le très attendu Essence trois ans plus tard est légèrement inférieur.

 Encensée par ses pairs, elle suscite des vocations auprès des jeunes femmes, notamment en Australie (son meilleur « marché ») où le trio d’individualités Kasey Chambers, Cyndi Boste et Audrey Auld ont bien réussi. Bien que consacrée en 2002 par le très sérieux magazine Time « meilleure auteur d’Amérique », le plus ambitieux World Without Tears en 2003 est une vraie déception.

Ses concerts étant souvent quelconques, sa réputation décline peu à peu auprès des fans, même si ses nombreuses apparitions sont toujours très attendues (album hommage à Gram Parsons, collaboration avec David Crosby, ou Elvis Costello en 2004, etc.) et ses productions se succédant à un rythme soutenu durant les années 2000.

Fin 2007, elle a réussi l’exploit d’interpréter l’intégralité de cinq de ses albums lors de cinq shows consécutifs à Los Angeles puis à New York. Mais en octobre 2008, Little Honey laissait paraître un net regain de forme avec son meilleur album depuis l’inégalable Car Wheels On A Gravel Road qui demeure décidément son album de référence.

Copyright 2008 Music Story Jean-Noël Ogouz