Jean-Louis Murat Jean-Louis Murat

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  • 16/10 12:06" (...) cette rencontre Murat/Delano, si on osait, c'est Faulkner accompagné par Lambchop, ou Cormac McCarthy par... http://t.co/PWRtoadlFK
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  • 15/10 16:25Ne ratez surtout pas JLM en tant qu’invité principal d'Alcaline Le Mag et en live avec The Delano Orchestra,... http://t.co/nGq6V57DDf
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  • 14/10 11:45JLM, accompagné de The Delano Orchestra sera sur scène au New Morning à Paris le lundi 24 novembre prochain. Infos : http://t.co/GG4Ov9YV3N
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  • 8/10 11:51JLM sera le jeudi 16 octobre à 18h à la FNAC Ternes à Paris pour présenter "Babel" http://t.co/g3T8Gvgvnt
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  • 23/9 11:13Ce soir en concert à l'Olympia à Paris pour Le Monde Festival avec The Delano Orchestra
  • 19/9 23:05JLM sera à l'Olympia mardi prochain pour le Le Monde Festival. Le journal fête ses 70 ans et salue le chanteur et... http://t.co/w3ycqaDK72
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L'Auvergnat

Elevé après le divorce de ses parents par ses grands-parents paternels, Jean-Louis Bergheaud (né le 28/01/1952) grandit dans une ferme isolée du Puy-de-Dôme. Cette expérience précoce de l’isolement dans les hauteurs auvergnates fait naître chez le futur chanteur le goût des paysages montagnards et de la nature sauvage. Le contact avec une grand-mère férue de chansons s’avère également décisif. Vers ses sept ans, l’enfant commence à jouer du piston, puis du saxophone ténor dans l’harmonie municipale. On retrouve quelques traces de cet apprentissage musical dans « La momie mentalement » (albumVénus, 1994).

Le déclic a lieu plus tard. Au collège, le jeune Bergheaud suit les cours d’un professeur d’anglais peu académique qui prend sous son aile l’adolescent. Il l’invite à faire ses devoirs chez lui, lui faisant découvrir peu à peu la musique et la littérature, et l’emmenant aux concerts de John Lee Hooker, T-Bone Walker et Memphis Slim. Il est marqué à vie par ces découvertes (ainsi que par l’écoute de Ray Charles), et décide de poursuivre ses études contre l’avis paternel. Au lycée, il se lie d’amitié avec un Américain de San Francisco et découvre Bob Dylan, qu’il place aux côtés de Neil Young et Leonard Cohen comme l’une de ses influences musicales majeures. A dix-sept ans, alors étudiant à la faculté de Clermont-Ferrand, il se marie et devient père, avant d’être tenté par l’envie de voyager. Cette nouvelle aspiration précipite son divorce et le mène sur les routes. Bergheaud commence alors une vie faite d’errances et de petits boulots : plagiste à Saint-Tropez – où il fait quelques rencontres très « show business », notamment celle de Jack Nicholson, qui lui propose une carrière à Hollywood – ou moniteur de ski à Avoriaz.

Clara et le chic type

En 1977, lassé de cette vie, le jeune homme retourne vivre en Auvergne et décide de se consacrer à la musique. C’est le temps du groupe Clara, où pendant deux ans il chante, joue de la guitare et du saxophone, compose et écrit. Repéré par William Sheller, le groupe enregistre avec lui à Paris avant de se dissoudre. Cette brève expérience permet néanmoins à Jean-Louis, rebaptisé Murat en référence au village de ses grands-parents (Murat-Le-Quaire), d’enregistrer en 1980 un premier 45 tours pour EMI, « Suicidez-vous, le peuple est mort ». Remarqué par la critique, ce premier disque – au texte violent sur une trame de synthé minimaliste –, est rapidement censuré par Europe 1. Il est tout de même suivi en 1982 par un mini-album de six titres sobrement intitulé Murat, puis l’album Passions Privées en 1984. Malgré une tournée dans l’Hexagone en première partie de CharlElie Couture, où le contact avec le public s’avère difficile,  l’album au faible tirage (2000 exemplaires) ne rencontre pas le succès escompté : la maison de disques décide de rompre le contrat. Devenus des disques convoités une fois la reconnaissance venue, ces deux albums ont été réunis en CD sous le titre Murat 82-84.

Cheyenne

Pour l’heure, Jean-Louis Murat commence une « traversée du désert » de trois années, durant laquelle il effectue régulièrement le trajet Clermont-Ferrand - Paris pour trouver, en vain, une nouvelle maison de disques. Passablement déprimé, il envisage de partir pour l’Australie, quand le label Virgin lui propose d’enregistrer un 45 tours à l’essai. Le résultat, « Si je devais manquer de toi », s’avère une réussite commerciale instantanée, suivie par « Le Garçon qui maudit les filles » (1988) et l’album Cheyenne Autumn l’année suivante (incluant le joyau « L’Ange déchu »). Le disque connaît un succès public avec plus de 100.000 exemplaires vendus (certifié Disque d’or), autant que critique, via le soutien de quelques médias (Bruno Bayon dans Libération, Bernard Lenoir à France-Inter, et Les Inrockuptibles lui resteront fidèles).

Renforcé par ce succès inespéré malgré une écriture et une texture musicale exigeantes, Jean-Louis Murat décide d’innover en 1990 avec la sortie, en tirage limité avec le quotidien Libération, du film Murat en Plein Air. Entièrement réalisé dans la chapelle auvergnate de Roche-Charles (XIIème siècle), l’œuvre montre l’artiste dans une interprétation dépouillée de chansons originales, dont certaines, comme « Le Berger de Chamablanc », deviendront des classiques. De tels projets atypiques, élaborés en contrepoint de la discographie officielle, seront une constante dans l’œuvre du chanteur. L’attachement viscéral à la terre de ses ancêtres aussi. En parallèle, Murat écrit un morceau pour Julien Clerc, « Le Verrou » ; il réitérera l’expérience, que ce soit pour Johnny Hallyday, Sylvie Vartan ou Indochine.

L’année 1991 est marquée par deux nouvelles parutions : le duo « Regrets » aux côtés de la star Mylène Farmer, qui contribue à élargir son public mais déçoit ses fans les plus intransigeants, puis l’album Le Manteau de Pluie. Bénéficiant de l’appui du batteur Neil Conti (Prefab Sprout), et d’arrangements plus soignés, ce disque à l’atmosphère pastorale rencontre une plus large audience (atteignant les 150 000 exemplaires vendus). Il abrite les succès d’estime « Col de La Croix-Morand » et « Cours dire aux hommes faibles ».

Vénus

La reconnaissance enfin acquise, Jean-Louis Murat décide de laisser de côté la sophistication des premières œuvres. Le disque suivant, Vénus, enregistré en huit jours dans une ferme du Puy-de-Dôme, réhabilite les guitares. D’inspiration folk et rock, l’album s’inscrit dans la lignée de Neil Young et du Crazy Horse. Malgré quelques excellents titres (« La Fin du parcours »), les ventes ne décollent pas et l’album s’avère aujourd’hui l’un des plus faibles de son répertoire. Il ouvre cependant l’ère des tournées pour un chanteur jusqu’ici peu enclin à cet exercice. Cette longue tournée – dont Murat disait qu’elle serait la première et la dernière – est exécutée avec six musiciens et Silvain Vanot en première partie. Après un passage au Printemps de Bourges (avril 1995), le concert de La Cigale en décembre en constitue le point culminant. Le périple fait l’objet d’un album, Murat Live, servant de bande-son au film Mademoiselle Personne (1996) de Claire Bailly, qui marque également sa première apparition en tant qu’acteur, aux côtés d’Elodie Bouchez.

Outre sa participation au disque Route Manset (il reprend « Entrez dans le rêve »), hommage à Gérard Manset, à qui il est souvent comparé, l’année 1996 est une année très créative pour Jean-Louis Murat, qui conçoit des mois durant l’album Dolorès, pièce maîtresse de son répertoire. Initié à la technique du sampling et au logiciel Pro-Tools par Tim Simenon (Bomb The Bass) à Londres, il prend le chemin des studios avec pour ambition de forger un nouveau son en phase avec les innovations actuelles. Le disque, aux influences trip-hop, qui voit le jour en septembre de la même année, rencontre un vrai succès : la critique est dithyrambique, propulsant Murant en fer de lance d’une nouvelle scène française, avec Silvain Vanot et Dominique A. La tournée qui suit donne lieu à Live in Dolorès, témoignage des concerts étirés et intimistes de cette période (1997-98).

Murat in USA

Marqué très tôt par les musiques américaines, Jean-Louis Murat réalise un véritable retour aux sources au printemps 1999. Il se rend à Tucson (Arizona), rencontre le guitariste Marc Ribot, la chanteuse Jennifer Charles (Elysian Fields), ainsi que Joey Burns et John Convertino du groupe Calexico, avec qui il enregistre l’essentiel de son nouvel album, Mustango. Ce disque aux accents folk-rock constitue un autre sommet de sa carrière. Etonnamment, Murat s’entoure de trois musiciens et de machines, et change de cap musical pour une tournée électro et expérimentale, captée pour le disque Muragostang (octobre 2000). Habitué des grands écarts, l’Auvergnat réapparaît l’année suivante avec Isabelle Huppert pour un disque inhabituel de musique baroque consacré à une poétesse du XVII ème siècle, Madame Deshoulières.

Lilith

Le Moujik et sa femme
, oeuvre spontanée enregistrée en douze heures avec Jean-Marc Butty et Fred Jimenez (A.S. Dragon), parue en mars 2002, ouvre une nouvelle ère marquée par une productivité accrue et le retour à une certaine simplicité blues-rock, credo qu’il ne renie dès lors plus. Dans la même veine, Lilith paraît en août 2003 : un double CD (triple vinyle) où Murat passe sans difficulté d’un rock saturé à des ballades folk dépouillées ou des pièces avec cordes orchestrées par Dickon Hinchcliffe (Tindersticks). Présente sur plusieurs morceaux de l’album, la chanteuse Camille – dont la collaboration remonte au duo « Polly Jean » en 2000 pour Canal+ – fait également son apparition sur un CD/DVD de morceaux inédits filmés en live, Parfum d’acacia au jardin, en 2004.

Multipliant les collaborations, Murat réalise avec Fred Jimenez et Jennifer Charles A Bird On A Poire, parenthèse pop sixties. A peine cet album sorti, il enchaîne en 2005 avec deux albums (Moscou et 1829, adaptant sur le second des poèmes-chansons de Bérenger, chansonnier du début du XIXème siècle) et un DVD poème de mille vers, 1451.

Après une riche actualité suivie d'un long silence, Jean-Louis Murat revient avec la parution de Taormina en août 2006, album de blues-rock sombre mais sans surprise. En octobre 2007, paraît Charles et Léo, relecture de compositions inédites de Léo Ferré sur des poèmes de Charles Baudelaire. Deux ans après, moyennant un passage par Nashville (Tennessee), Murat est de retour pour suivre Le Cours Ordinaire des Choses, essai de country rock à la française.


Nouvel album “Grand Lièvre” à paraître le 26 septembre 2011 


Il arbore de vertigineuses oreilles, est célèbre pour sa vélocité et hante de nombreuses légendes à travers la planète. Les Indiens d’Amérique en ont même fait une divinité à la fois esprit farceur et architecte de l’univers. Mais si Jean-Louis Murat a intitulé “Grand Lièvre” son nouvel album, c’est davantage par amour de l’animal que par souci de mythologie ésotérique. Grand lièvre, symbole d’une espèce en voie de disparition, métaphore d’une terre perdue… 


Deux ans que Jean-Louis n’avait publié d’album. Le dernier, “Le Cours Ordinaire des Choses”, l’avait vu explorer les contrées country du côté de Nashville, Tennessee. “Grand Lièvre” a retrouvé gîte et harde, repères et compères. Enregistré en quelques jours dans le sud de la France, avec les fidèles Fred Jimenez et Stéphane Reynaud, épaulés par le pianiste Slim Batteux, le disque sonne comme s’il avait été capté dans les conditions du live : « Il y avait un magnéto 24 pistes qui tournait en continu, raconte Jean-Louis. Le principe était “on ne touche à rien”. Je voulais conserver tout ce que le mixage enlève habituellement, le travail, la sueur, les interrogations, les erreurs. » 


Une musique qui, paradoxalement, n’a jamais été aussi limpide et énigmatique à la fois. Un son compact, précis, dominé par une section rythmique inflexible, un orgue impérieux et la guitare 12 cordes de Jean-Louis. Le tout zébré de bruissements, bruitages et dialogues mystérieux, et, nouveauté muratienne, de choeurs hypnotiques et lumineux. « Au moment de l’enregistrement, j’écoutais beaucoup de groupes de rock indé des années 90, comme Swell, Silver Jews, explique Jean-Louis. J’avais envie de retrouver cette matière sonore, ce travail de groupe. » 


Tout au long des dix chansons du disque, on retrouve les thèmes chers à l’auteur du “Manteau de pluie” : la nature, la dérision de la condition humaine, le doute, l’amour, la solitude. Mais ici magnifiés, nimbés de mélodies tournoyantes et évidentes, à la fois familières et surprenantes. Comme dans “Vendre les prés”, constat implacable du dépeuplement des campagnes, repris dans “Haut Arverne”, hommage mélancolique au terroir de l’auteur. 


Thèmes nouveaux aussi, comme celui de la cruauté de la guerre, évoquée dans “Sans pitié pour le cheval” ou “Rémi est mort ainsi”, l’une inspirée par un ancêtre homonyme, un Jean-Louis Bergheaud héros de la guerre de 14-18, l’autre évoquant la Résistance à travers Rémi et Colette, personnages des manuels d’initiation à la lecture d’antan. Dont les syllabes dansantes parsèment souvent les choeurs de l’album, onomatopées en forme de clin d’oeil paternel malicieux. 


Dans “Qu’est ce que ça veut dire”, allusion à la perte de mémoire, on entend la voix d’Andreï Tarkovski, réminiscence de l’album “Cheyenne Autumn”. Dans “Le Champion Espagnol”, c’est la silhouette de Federico Bahamontes qui surgit au détour d’un lacet du col du Tourmalet. Et dans “Alexandrie”, dédiée à une amie disparue, c’est Cléopâtre qu’on imagine juchée sur son trône. 


“Les Rouges Souliers” et “La Lettre de la Pampa”, entre conte d’Andersen et missive façon Leonard Cohen, parachèvent un album riche, aux reflets changeants et aux détours inattendus. Encore rehaussé par “Je voudrais me perdre de vue”, ode au dédoublement de personnalité, avec ses riffs lancinants et sa rythmique acrobatique virevoltant de ternaire en binaire. 


Grand Lièvre, grand œuvre, du Murat au sommet de son art, intime et immédiat, secret et universel. Son meilleur album ? 


A savourer avec de grandes oreilles. 


A paraître le 26 septembre 2011 en 3 éditions : double CD (album+live), CD simple et vinyle