Dernier album

Dernier single

SUR MA ROUTE


Sur ma route donc…


Titre d'album simple, mais efficace, trouvé par Thomas, chef de projet chez Mercury, bravo à lui. 


Alors, encore un énième best of me direz-vous et pourquoi ?


Impôts mal évalués, pression de la maison de disque qui doit faire du chiffre en fin d'année, manque cruel d'inspiration ?


Et bien non, rien de tout ça fort heureusement et je tiens à rassurer ceux qui m'aiment bien : 


Je suis en règle, je crois en l'administration fiscale, et même si, en effet, le père Noël doit impérativement passer par les maisons de disque en décembre, la mienne a l'élégance de ne pas m'en parler. 


Enfin pour ce qui est de l'inspiration, je dois avouer avec un peu de prétention que je suis assez fier du single qui accompagne l'album. J'éprouve aujourd'hui plus de plaisir et moins de pression quand j'écris. J'espère le faire plus souvent pour les autres d'ailleurs. 


Alors pourquoi ce premier best of ? 


Tout simplement parce que j'en avais envie. 


J'avais envie comme un gamin de ranger ma collec de petites voitures rouges, vertes, et bleues côte à côte, et puis, d'arrêter deux secondes de jouer pour les regarder. 


Quelque chose comme dix huit singles ! Tout commence donc avec " Sur la route" enregistré en1993 jusqu'à l'inédit qui accompagnera ce best of en 2011. 


18 ans, 18 chansons, ce n'est pas éreintant comme rythme, certes, mais constant et régulier. Et puis, ça fait un compte rond, j'aime bien.


J'y ai ajouté deux ou trois petites choses moins connues, comme la maquette de Marie, différente de l'imparable version de Johnny. Du live, avec des arrangements revus et corrigés pour l'occasion, des chansons d'album que j'aurais aimé avec le recul, voir sortir en single.


Voilà ma route, un cheminement un peu solitaire. 


Ni sur la grande autoroute de la variété, ni sur les chemins tortueux des branchés ultra. 


Mon besoin viscéral d'esthétisme m'aurait mis mal à l'aise sur la première et le snobisme apeuré des seconds m'a toujours horripilé. 


Plutôt solitaire donc,  mais avec quelques belles rencontres déterminantes. Pour finir, je veux vous remercier de m'avoir lu, peut être même écouté. Et comme j'aime aussi le cinéma, je paraphraserai Jack Nicholson quand il dit en anglais dans le texte à l'occasion d'un bilan de carrière :


" you ain't seen nothing yet ! " 


 


Gérald de Palmas.







C’est à Saint-Denis de la Réunion que Gérald Gardrinier voit le jour, le 14 octobre 1967. Le futur de Palmas fils d’un père breton, géomètre de profession et d’une mère réunionnaise, enseignante, quitte le soleil des DOM-TOM à l’âge de dix ans pour suivre sa famille en Métropole, et plus précisément à Aix-en-Provence. En grandissant, l’adolescent s’intéresse de plus en plus à la musique, notamment via son enthousiasme pour le groupe ska britannique The Specials. Gérald s’intéresse davantage à la guitare qu’à sa scolarité, s’interdisant au passage de décrocher le bac.

S’intégrant à la scène musicale aixoise, il forme en 1985, avec Edith Fambuena et Jean-Louis Piérot, le trio les Max Valentin, qui se produit dans des clubs et boîtes de nuit de la région. En guise de nom de scène, Gérald adopte le nom de sa grand-mère maternelle, de Palmas. En 1987, Etienne Daho rencontre les jeunes musiciens et, séduit, les signe sous son label, Satori Song. S’ensuivent deux 45-tours, qui ne font hélas pas grand bruit. En désaccord avec l’évolution musicale du groupe, Gérald de Palmas quitte les Max Valentin à l’été 1988 pour tenter une carrière musicale en solo. Installé à Paris, il devient guitariste de studio et accompagne des artistes comme Kent ou Véronique Rivière. Au gré des rencontres, il se tisse un réseau de connaissances dans le milieu musical, grâce auxquelles il construira peu à peu sa propre identité musicale.

« Sur la route toute la sainte journée »

Peu sûr de lui, Gérald de Palmas avance à petits pas dans l’écriture de son premier album. Aidé par le batteur Mikaël Sala, il enregistre les chansons à l’automne 1993 mais doit attendre plusieurs mois pour susciter l’intérêt d’un label. C’est finalement chez EMI que signe de Palmas, qui accède soudain à une certaine notoriété en devenant lauréat du concours télévisé Musique de demain (diffusé sur M6), dont le jury est présidé par Francis Cabrel. Le vent en poupe, De Palmas est définitivement lancé par le succès de son album La Dernière Année, dont le single « Sur la route » fait un tabac.

Le chanteur multiplie les prestations sur scène entre 1994 et 1996, d’abord en première partie de vedettes internationales (James Brown, Cyndi Lauper, Texas, Chris Isaak…) puis en solo, triomphant au Café de la Danse en avril 1995. Remportant la Victoire de la Musique de la « Révélation Masculine de l’année », il se produit également au Palace, célèbre boîte de nuit parisienne de l’époque. C’est avant tout sur la scène que De Palmas s’exprime, s’affirmant en véritable marathonien des concerts : son mix de soul et de pop à la française séduit un public qui voit en lui un talent idéal pour la musique métissée des années 1990. Mathieu Chédid, qui n’est pas encore –M–, travaille avec lui comme guitariste et réalise certaines de ses premières parties.

Lost highway

Après ce début en fanfare, Gérald de Palmas va être confronté à une sévère panne d’inspiration : manquant toujours de confiance en lui, le chanteur est de surcroît confronté à la charge de sa nouvelle paternité. S’il parvient à écrire des chansons, l’inspiration ne répond pas toujours à ses espoirs : sorti en 1997, son second album (Les Lois de la Nature), différent du précédent, ne remporte pas le succès escompté. Déstabilisé et déprimé, il tente de retrouver une dynamique en se lançant dans l’édition pour s’autoproduire, mais le poids de la gestion n’arrange pas son inspiration. De Palmas jette l’éponge de la production, sans pour autant retrouver le feu sacré pour ce qui est de la composition. Durant deux ans et demi, le chanteur ne fait plus guère parler de lui, si ce n’est sa participation à un album contre le SIDA. Gérald De Palmas semble s’orienter vers le statut peu enviable d’homme d’un seul succès.

Gérald reloaded

Gérald De Palmas finit par trouver la solution pour sortir de sa panne d’inspiration : profiter de la sagesse des vieux sages de la tribu. Il prend contact avec Jean-Jacques Goldman pour lui demander conseil ; afin de lui donner un coup de pouce, Goldman lui compose un morceau, « J’en rêve encore », qui donne à De Palmas l’énergie nécessaire pour se remettre enfin au travail. Maxime Le Forestier lui fait également la grâce de lui écrire un titre. En quelques mois, Gérald de Palmas termine les chansons de son nouvel album, Marcher Dans le Sable. A l’automne 2000, l’album se révèle un succès inespéré, squattant les premières places du classement. Parti en tournée au début 2001, De Palmas triomphe dans toute la France – l’Olympia doit programmer des dates supplémentaires – et s’exporte jusqu’au Québec, pour terminer l’année au Zénith de Paris. En un an, il devient l’artiste le plus diffusé sur les ondes françaises. La musique de Gérald de Palmas, pop recherchée aux accents délicats, correspond parfaitement au public demandeur de variétés sophistiquées.

En 2002, De Palmas remporte la Victoire de la musique du « Meilleur artiste masculin de l’année » et le NRJ « Music Award du meilleur album francophone ». Céline Dion reprend le titre « Tomber » – écrit par Maxime Le Forestier – sous le titre « Ten Days », dans son album A New Day Has Come et Johnny Hallyday fait appel à lui sur l’album A la Vie à la Mort pour le titre « Marie », dont le single s’écoule à 750 000 exemplaires. Gérald De Palmas multiplie les concerts à un rythme harassant durant toute l’année 2002, achevant l’année avec un album live.

Après ce marathon musical, le chanteur souffle un peu, ne se signalant en 2003 que par un duo avec Sheryl Crow, reprenant la chanson de Cat Stevens « The First Cut Is The Deepest ». Il se paie tout de même le luxe d’empocher, pour le travail réalisé en 2002, le NRJ Music Award du « Meilleur artiste masculin de l’année ». De Palmas revient finalement à l’automne 2004 avec un nouvel album : Un Homme Sans Racines. Dès sa sortie, le disque de classe premier des ventes d’albums, pour culminer à 650 000 exemplaires vendus.

Fidèle à sa réputation de coureur de fond des salles de concerts, Gérald De Palmas repart en tournée, assurant plus de soixante dates en 2004 et 2005. Il prend ensuite à nouveau son temps, se signalant surtout par des participations aux concerts des Enfoirés. Mi-novembre 2009, après un silence de cinq années consacrées au travail en studio, Gérald de Palmas revient sur le devant de la scène avec l'album Sortir, souligné par une thématique cinéma. Le duo « Pandora's Box » avec Eagle-Eye Cherry et le premier extrait « Au bord de l’eau » sont parmi les moments forts du disque.

Rescapé de la chanson populaire des années 1990, Gérald de Palmas est un exemple de résurrection miraculeuse comme on aimerait en voir un peu plus souvent dans le paysage artistique : au carrefour de la pop, de la soul, du rock et du funk, le jeune Réunionnais s’est réinventé sous la forme de l’un des principaux artistes populaires d’une France pas si frileuse musicalement qu’on veut bien le dire.