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Une mère Italienne, un père Haïtien, une famille dysfonctionnelle, les riants paysages de Compton, où sous les palmiers californiens la vie ne vaut guère plus que la chance qu’on a de la garder… Les débuts de The Game dans le dur métier de rappeur à succès ressemblent à ceux de beaucoup d’autres. Jayceon Terrell Taylor naît donc à Los Angeles, le 29 novembre 1979, et grandit dans ce quartier déshérité de Compton, élevé au rang de mythe par Niggers With Attitude (N.W.A.), qui commença là aussi sa trajectoire mythique, au tout début des années 90.

Pas de quartier

 Le quartier est d’obédience Crip, mais très jeune, Jayceon choisit de s’affiler aux Bloods, le gang rival. En 1999, le bac en poche, il est accepté à l’université avec une bourse pour jouer au basket, mais au bout d’un semestre, il en est renvoyé parce qu’il essaye de vendre des substances illégales à ses partenaires ! À dix-huit ans, le voilà à la rue, sous l’influence de son demi-frère plus âge, Big Fase 100, leader d’un des plus fameux gangs Bloods, le Cedar Block Pirus. Il démarre une carrière de gangbanger : deal, agressions, rançonnages divers, violence quotidienne. Sa légende veut qu’en 2001, à la suite d’une altercation, il récolte cinq balles dans le corps et tombe dans le coma. À l’hôpital, durant sa convalescence, il s’essaye à l’écriture de rimes et à la pratique du flow, fortement influencé par N.W.A. et le gangsta rap de la côte Ouest, dont il est le pur produit.

Label aventure

 Avec Big Fase, il fonde le label indépendant Black Wall Street Records, alimenté par les activités du gang. Il se choisit le pseudo The Game, soufflé par sa grand-mère, et commence à se faire un nom sur la scène locale. Après une mix-tape remarquée, You Know What It Is Vol 1, en 2002, il signe un premier contrat avec un label indé, Get Low Recordz, qui appartient à un rappeur de Los Angeles. En octobre 2004, un premier album, Untold Story, sur Get Low Recordz, s’écoule à trois cent mille exemplaires dans la région, mais entre temps, sa réputation lui a fait rencontrer Dr Dre, l’überproducteur de la West Coast, qui l’a signé sur son Aftermath Records. Le temps de figurer encore sur quelques mix-tapes qui font l’opinion, et le monde du rap américain est dans l’attente de The Game comme d’un sauveur du rap gangsta californien.

Attitudes

 Dans une opération de pur marketing, Dr Dre souhaite relier son nouveau poulain à son autre protégé, alors en pleine ascension, 50 Cent. The Game rejoint donc, de façon artificielle, le G Unit, le crew de 50 Cent, et apparaît dans les clips de 50 Cent, Lloyd Banks, Young Buck, ce qui conforte son aura ; Il adopte dans le même temps les « ennemis déclarés » de 50 Cent et G Unit, les Ja Rule, Joe Budden, etc. En 2004, son premier single, « Westside Story » fait encore monter l’attente des fans.
The Game souhaite intituler son premier album en major Nigga Wit An Attitude Vol 1, mais la veuve d’Easy E, fondateur de N.W.A., l’en empêche par la voie juridique, aussi, il s’appellera The Documentary. Avec 50 Cent et Dr. Dre à la production exécutive, l’album débute à la première place des charts, et terminera sa carrière au bout de cinq millions de copies écoulées. Les singles « How We Do » et « Hate It Or Love It » lui valent une haute rotation en radio et plusieurs nominations aux Grammy Awards. Ces deux titres bénéficient d’un featuring de 50 cent, et l’on croise sur l’album Eminem, Busta Rhymes, Mary J Blige, Nate Dogg et tout le crew G Unit, sur des productions de Dr. Dre, Swizz Beats, Alchemist, Timbaland, Hi-Tek… La crème des producteurs.

En brouilles

 Ce succès majeur confirme les espoirs mis en celui qui exhibe fièrement le logo de N.W.A. tatoué en lettres de 12 centimètres sur la poitrine : The Game est bien l’héritier annoncé de ce rap gangsta pur et dur, né à Compton.Mais l’esprit de famille artificiellement déclenché est rapidement dénoncé par les faits. Entre The Game et 50 Cent, les deux héros de chaque côté des USA, qui règnent en maîtres incontestés sur le marché, les frictions naissent, et s’installe le « beef », la rivalité traditionnelle du milieu du rap, qui s’exprime par des déclarations vengeresses, dans les interviews ou sur disque. Dès 2006, The Game reprend ses billes et quitte Aftermath et le G Unit, qui vont, par conséquence, devenir ses cibles favorites. Il signe alors sur Geffen records, et sort en novembre 2006 Doctor’s Advocate, un deuxième album qui, lui aussi, se classe n°1 la semaine de sa sortie, avec plus de 360 00 copies vendues aux seuls USA. Dr. Dre, bien qu’annoncé, ne figure à la production sur aucun titre, mais Kanye West, will.i.am, Hi-Tek, Swizz Beats, Scott Storch et quelques autres remplissent les obligations de sons affûtés. Nas, Snoop Dogg, Jamie Foxx etc viennent apporter leur renfort vocal. Avec trois singles, « It’s Okay (One Blood) », « Let’s Ride » et « Wouldn’t Get Far », l’album finit à plus de deux millions d’exemplaires vendus. The Game a prouvé qu’il pouvait « exister » sans l’ombre tutélaire de Dr Dre. Devenu superstar de son art, il participe à des films, renforce son label Black Wall Street, dessine un modèle basket à son nom avec une marque, investit dans une équipe de basket professionnelle, devient papa une deuxième fois, et continue d’entretenir ses ennemis dans le milieu à grands coups de déclarations fielleuses.

Los Angeles X

Il a également ses habituelles frictions avec la loi, et finit par écoper de 60 jours de prison en 2007, suite à des incidents au cours d’un match de basket où il menace un spectateur avec une arme non déclarée. De quoi alimenter l’ordinaire d’un gangsta rappeur, qui sort LAX en 2008, un album encore une fois de haute tenue, mais qu’il annonce un temps comme son dernier. Depuis, le succès ne se démentant pas, The Game a annoncé un quatrième album (DOC : Diary Of Compton), un autre album en collaboration avec un autre renégat de G Unit, Young Buck. Enfin il remplacerait Mack 10 à côté de Ice Cube et WC dans une nouvelle mouture de Westside Connection.

Copyright 2008 Music Story Jean-Eric Perrin