20/11/2009 -
Né à Belgrade dans une famille mélomane, élevé à l’étude des classiques Ravel, Debussy et compagnie, Bojan Zulfikarpasic n’a eu de cesse de labourer le terreau d’un matériau, la musique, dont il malaxe les multiples racines pour en modeler de curieuses boutures hybrides. Comme avec son nouvel album Humus, « le disque le plus rock que j’ai pu renregistrer » au titre des plus explicites. Approches multiples, vision singulière, c’est ainsi que depuis vingt ans, Bojan Z est devenu une référence du jazz “made in France”, mais attention ce trublion du piano bien tempéré n’en a pas cessé d’ouvrir large la focale des grilles du jazz, le faisant raisonner du côté des savantes traditions populaires de son terroir natal. Aux commandes, Bojan Z varie les plaisirs : Fender Rhodes basique, Fazioli et Xénophone, le drôle d’instrument qu’il s’est fabriqué à partir de plusieurs piano électriques. Au programme, neuf thèmes puissamment enracinés dans un groove des plus tellurique, mais avec ce qu’il faut d’accalmies oniriques. Nul doute que cet Humus est encore l’occasion de clarifier les intentions d’un leader plus que jamais en prise directe, dans le vif du sujet, en position de recherche. « Jazz, pas jazz, je ne sais pas. Il y a beaucoup d’improvisations, notre approche est résolument ouverte à l’imprévu. » Demandez donc à ceux qui ont ouï la nouvelle bande du prolixe pianiste le 25 avril dernier à la salle Pleyel. Ce soir-là, le sanctuaire “classique” fit une standing ovation à ce récital qui offrait en partage l’idée la plus juste, la moins convenue, la mieux ouverte, de ce qu’est l’urgence du jazz actuel. Bojan Z, nouvel album Humus, déjà disponible.Concerts 31 octobre au 4 novembre – Sunset (Paris)6 novembre – Jazz d’Or (Strasbourg)Suivez l’actualité des concerts de Bojan Z sur le site d’Ante Prima Productions