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MICHEL PORTAL

 
MICHEL PORTAL
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Son actualité
12.03.09 — Newsletter ECM

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Sa biographie

LE VIRTUOSE ARPENTE LES TERRITOIRES VIERGES DU JAZZ
Virtuose hors pair dans l'interprétation de Mozart, Schumann ou Brahms, clarinettiste inégalé dans la lecture des partitions complexes de Karlheinz Stockhausen, Luciano Berio, Pierre Boulez, Mauricio Kagel ou Alban Berg, Michel Portal arpente avec une égale vigueur, depuis quatre décennies, les territoires vierges du jazz. Brillant saxophoniste post-bop révélé dans le Jazz Groupe de Paris et le big-band de Pierre Michelot au milieu des années 60, il s'investit à cent pour cent, au tournant de la décennie suivante, dans l'aventure valeureuse et ô combien aléatoire du "free" à l'européenne, s'affirmant bien vite comme l'une de ses individualités les plus audacieuses et charismatiques. Son Unit, ensemble aux formats et personnels mouvants, atelier ouvert aux rencontres et voué aux ivresses de l'improvisation libre, accueillera la crème de l'avant-garde nationale et internationale (Howard Johnson, John Surman, Joachim Kühn, Jean-François Jenny Clark, Aldo Romano, Bernard Lubat, Daniel Humair, Mino Cinelu, Martial Solal, David Liebman, Jack DeJohnette). Artiste reconnu, compositeur pour le cinéma plusieurs fois récompensé aux "César", ce touche-à-tout de génie, créateur insaisissable et rigoureusement anticonformiste, n'aime rien tant que révolutionner en permanence son langage en s'exposant au "risque de l'autre".
En quête, une fois de plus, de nouveaux espaces, il exprime en 1999 au producteur Jean Rochard l'un de ses désirs les plus secrets : "jouer avec des danseurs". Peu après, à Minneapolis, le second assiste, médusé, à un concert torride du tandem Sonny Thompson-Michael Bland. Inséparables depuis quinze ans, respectivement bassiste et batteur, tous deux véritables forces de la nature, les deux gaillards ont appartenu entre 1989 et 1996 au New Power Generation, le dernier grand groupe de Prince, imprimant notamment leur griffe mégafunky sur les tubes "Get Off", "Cream", "Insatiable", "Sexy FM" ou "Diamonds and Pearls". Une section rythmique féline, exceptionnelle de robustesse et d'élasticité, littéralement implacable, viscéralement et résolument funk. "Voilà nos danseurs !", pense aussitôt Rochard qui, dans la foulée, organise "l'invraisemblable rencontre".
Ainsi, en août 2000, Michel Portal pose ses bagages (saxophones soprano et alto, clarinette basse et bandonéon) dans une ferme des environs de Minneapolis. Au Studio Creation Audio, où il va vivre deux semaines en vase clos, confronté à de nouveaux partenaires qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Egalement du voyage, le pianiste et claviériste britannique Tony Hymas contribue largement à l'écriture du répertoire. A l'instar du Français, celui-ci s'affirme musicien éminemment pluriel, qui a joué, entre autres, avec Jeff Beck, Jack Bruce, Tony Williams, Lol Coxhill, Bill Frisell, Sam Rivers et les Lonely Bears, décapant combo transatlantique mi-rock, mi-free l'unissant au batteur Terry Bozzio, au guitariste Hugh Burns et au saxophoniste Tony Coe. Aux quatre hommes s'adjoint ci et là Vernon Reid, membre fondateur de la Black Rock Coalition et du groupe Living Colour, superbe guitar-hero jazz-funk d'inspiration fermement "hendrixienne".

JAZZ ? FUNK ? ROCK ? HIP HOP ? FREE ? ALLEZ SAVOIR !
Miracle du métissage, après quelques tâtonnements, le lyrisme fragile et torturé du leader se coule à merveille dans la pulsation instinctive et charnelle de ses nouveaux complices. Tous s'abandonnent alors corps et âme à cet idiome pluriculturel et sans nom : jazz ? funk ? rock ? hip hop ? free ? Allez savoir ! - inventé en commun, sur le pouce, au fil des heures et des jours. Entre ces musiciens que rien ne prédestinait à la rencontre (ni la langue, ni le style, ni le mode de vie, ni la couleur de peau), à force d'écoute, de générosité et de musicalité, avec aussi un rien de magie pure s'est peu à peu dessinée une musique formidablement neuve et fraîche, dynamique, inspirée et incarnée dont le résultat est le funambulesque double album Minneapolis paru en 2001.
L'osmose entre les protagonistes s'étant avérée plus que réelle et formidablement fructueuse, l'aventure se poursuit à l'occasion de plusieurs concerts donnés en France (Créteil le 10 février 2001, Tourcoing le 10 novembre suivant, Lyon le 24 février 2002 et Paris/Olympia le lendemain) qui fourniront la matière en fusion de Minneapolis We Insist, publié, lui, au printemps 2002. Jef Lee Johnson, autre guitariste d'obédience funko-hendrixienne, entendu aux côtés de D'Angelo, Rachelle Ferrell ou News from the Jungle (trio l'associant à Thompson et Bland), y remplace Vernon Reid à partir de l'automne 2001. Jouées "live", les reprises de l'album studio (notamment "Goodbye Porkpie Hat", "On Nicollet Avenue", "Domimonk" et "Matourmatourmatourmalet") acquièrent une dimension nouvelle et atteignent un degré d'émotion supplémentaire.
Paru à l'automne 2002, Dipping in Minneapolis réunit les deux albums (leurs magnifiques pochettes demeurant inchangées) en un coffret auquel s'ajoute un troisième CD, Minneapolis Tour Guide, ultime pierre à l'édifice offrant dix nouvelles plages inédites entrecoupées de bribes de conversation avec Portal (qui chantonne et exprime son plaisir). Au menu : cinq titres livrés hors commerce avec les numéros de janvier 2001 et mai 2002 du mensuel Jazz Magazine (deux somptueuses versions "live" de "Goodbye Porkie Hat", poignante ballade signée Charles Mingus que sublime la sombre et tortueuse clarinette basse de Portal, et trois variations autour d'"Ornette", pièce chantante poétiquement présentée par son auteur comme "un chant d'amour qui n'en finirait pas"), trois autres thèmes saisis à vif sur la scène de Tourcoing et, sommets de l'album, deux "incunables" puisés dans le reliquat des séances d'août 2000, l'obsédant  "Rolling in Minneapolis", 22 minutes de groove touffu qui ne sont pas sans rappeler le funk décalé et allumé du Miles Davis des années 70 et feront le bonheur des inconditionnels de Vernon Reid qui s'y révèle royal, et "The Loon Lunes", où Portal, armé de son bandonéon, vocalise à la manière des chanteurs soufis du Pakistan sur un fond rythmique naviguant entre tango, funk et world-music. Deux morceaux d'anthologie !