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FRANÇOIS MOREL
- 24.03.10 — “Le soir, des lions…”, le nouvel album de François Morel
François Morel est surtout connu pour sa carrière au théâtre et en particulier pour avoir fait partie de la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff : La compagnie Deschamps. Sa notoriété explosera lorsque l'univers de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff est transposé au petit écran dans une série appelée Les Deschiens qui sera diffusée sur Canal+ dans l'émission Nulle Part Ailleurs.
Fin 2006, François Morel entame une carrière de chanteur avec son spectacle Collection particulière mis en scène par Jean-Michel Ribes. À cette occasion, il a enregistré un album éponyme dont la sortie sera suivie d’une tournée s’étalant jusqu’en 2007. François signe tous les textes sur des musiques principalement composées par Reinhardt Wagner, mais aussi par Juliette Noureddine et Vincent Delerm.
Après ce premier album, François Morel franchit un nouveau cap et s’entoure cette fois ci d’une véritable équipe artistique pour Le soir, des lions… Reinhardt Wagner, et Antoine Sahler à la production musicale, François comme toujours à l’écriture des textes, et le duo Fabrice Ravel Chapuis (Benabar, Salvatore Adamo…) - Alain Cluzeau (Olivia Ruiz, Benabar, Dionysos) à la réalisation.
Digne héritier de Bourvil, François Morel s’inscrit dans la tradition de la chanson française avec des textes poétiques, doux, poignants et de somptueuses mélodies.
François Morel, nouvel album Le soir, des lions…, disponible à partir du 29 mars 2010.
Avec les participations de Yolande Moreau “La Fille du GPS”, Juliette sur “La Sera, Leoni…”, Helena Noguera en duo sur “C’est pas…”François Morel en concert (spectacle mis en scène par Juliette)
2 avril Lons-le-Saunier, 3 avril Evian, 8 avril Flers, 9 avril Alençon, 23 avril Joué-Lès-Tours, 27-28 avril Châlons-en-Champagne, 30 avril Dijon, 2 mai Morges, 4 mai Coignières, 6 mai Narbonne, 7 mai Gaillac, 11 mai Clichy/Bois, 18 mai Suresnes, 26 mai-27 juin Paris Théâtre du Rond-Point.
FRANÇOIS MOREL PAR PHILIPPE BARBOT
Faut pas exagérer. Quand il était petit, François Morel ne savait pas s’il préférait devenir comédien, humoriste, auteur ou chanteur. Et maintenant qu’il est (presque) grand, voilà qu’il est tout ça à la fois, et même parfois bien plus. Plein de casquettes sur une seule tête, mais la même passion. Comédien, de la compagnie Deschamps au récent film sur Gainsbourg (il y joue le directeur d’internat qui sauve le petit Lucien de la Gestapo), des Deschiens à Rantanplan, en passant par sa chronique radiophonique sur France Inter et une jolie tripotée de spectacles divers et variés, ça fait des années que François Morel promène sa dégaine de Gribouille au cœur tendre et sa plume de poète farfelu et humaniste sur les scènes, les ondes et les écrans. Chanteur, le voici qui publie son deuxième album, un disque qui lui ressemble, piquant et sentimental, câlin et culotté.
Trois ans après Collection particulière, le disque et le spectacle, le Morel chantant nouveau s’intitule Le soir, des lions…, avec virgule et points de suspension de rigueur. Une expression soufflée par un patron de trattoria, en train de houspiller ses serveurs mal réveillés : « la sera leoni, la matina coglioni » (traduction littérale : « le soir des lions, le matin des couillons »…) et que François a immédiatement transformée en chanson. Prétexte à un bel canto endiablé, intitulé en V.O. “La sera, leoni…”, avec Juliette dans les chœurs et Nino Rota dans le cœur.
Une chanson qui donne son titre à l’album, aux textes finement ciselés par le responsable, mis en musiques par le fidèle complice Reinhardt Wagner et par Antoine Sahler, le pianiste sur lequel on n’a pas envie de tirer. Avec des mélodies gaillardes ou graciles, à siffloter sous la douche ou à susurrer les yeux dans les yeux, des cuivres dans les coins, des claviers dans l’évier et des percussions dans les partitions. Le tout transformé en sons et en vibrations par Alain Cluzeau (Olivia Ruiz, Bénabar, Dionysos) et Fabrice Ravel Chapuis (Bénabar, Adamo). Belle équipe pour une sacrée équipée.
Il y a du Bourvil et du Boris Vian chez François Morel. Du premier, il affiche la gouaille tendre et candide, du second, la fantaisie acérée et mordante. « Faut pas exagérer », vous répondrait-il, en écho à la chanson qui ouvre l’album, fausse vantardise de fier à bras pas dupe, où l’auteur se compare en vrac et tout à trac à Rambo et Picasso, Corneille et Clooney, Sacha Guitry et Emile Louis… Faut pas exagérer… même si, bien sûr, il y a du vrai.
Dans le disque de François Morel, il y a de quoi rigoler et soupirer, rêver et songer. Il y a du drôle jamais gras et du grave à tour de rôle. De la légèreté sérieuse et de l’humour alerte. Côté sourire, “La fille du GPS”, rallye automobile torride, entre carte routière et carte du tendre, scandé de la voix impérieusement sexy de Yolande Moreau (et comment ne pas songer au duo historique Bourvil/Maillan, jadis intitulé “Ça” ?), vous donnerait illico l’envie d’acquérir un de ces petits boîtiers bavards censés vous guider à travers tous les méandres, même les plus inattendus. Même topo rigolo avec “La bassine”, ode nostalgique aux bains de pieds réparateurs d’antan (avec du gros sel), ou “Eloge de la lecture”, constat cataclysmique des lendemains de bamboula imprudemment organisée chez soi. Humour toujours, mais aussi caustique que comique, “Cas sociaux”, qui suggère que le mauvais exemple ne se niche pas toujours là où on pense, surtout quand il arbore Rolex et Ray Ban. Une chanson engagée aux airs dégagés, qui devrait faire « blink blink » dans certaines oreilles…
Changement de registre avec “Le Bon Dieu entre nous”, prière agnostique et tolérante dédiée à un ami disparu, “Petit homme”, fausse comptine sans pirouettes ni cacahuètes et hommage à ces ombres de la rue qui vivent et meurent dans des maisons de carton, ou “C’était comment déjà”, bilan émouvant d’une vie arrivée à son crépuscule. Et surtout “Fatigué, fatigué”, magnifique complainte au thème délicat, qui fustige avec une sobriété aussi poignante qu’éloquente la profanation barbare des cimetières par certains crétins haineux.
Du rire et des larmes, donc des sentiments. De la tendresse à ras bord, dans “Pas belle”, fable sur la beauté cachée des laids, “C’est pas…”, duo amoureux en forme de bagatelle sensuelle avec Helena Noguerra, “L’épouvantail”, clin d’œil à ces silhouettes de paille campées dans les pâturages, ou “C’est pourquoi qu’on vit”, tendre berceuse existentialiste.
Comme François Morel, fana de la rime et amoureux des planches, et vice-versa, ne conçoit pas un disque sans spectacle, il interprètera ses chansons, en chair, en os, en costume et en voix, sur la scène du théâtre du Rond Point, dans une mise en scène de Juliette, après une grande tournée commencée à La Rochelle. Y’aura donc du rire, des larmes, de la tendresse, de l’amour, de la mélancolie, des grands sentiments et des petites surprises. Sans exagérer.
