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SUGABABES

 
SUGABABES
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Sa biographie
« Les babes sont de retour! » annonce Keisha Buchanan avec une confiance inhabituelle chez cette jeune femme réservée. Cette fois-ci, après sept albums, les Sugababes, le girls band le plus populaire et le plus reconnu que la Grande-Bretagne ait jamais porté, sont prêtes à flirter.

Sugababes 2009 s’annonce d’ores et déjà comme un millésime exceptionnel pour Keisha, Heidi et Amelle qui s’apprêtent à sortir leur troisième album ensemble. Si les Babes ont commencé la décennie avec l’un de leur single les plus cruciaux, le fabuleusement protéiforme « Freak Like Me », elles ont la ferme intention de la quitter exactement de la même manière. Confronté au groove viril de « Get Sexy », on peut se demander par où commencer. Par le breakbeat très Vanity 6 [NdT: trio féminin lancé par Prince au début des années 1980] de l’introduction? Par la référence culotté au tube « Right Said Fred »? Par l’explosion techno du refrain, à la fois totalement inattendue et tellement évidente? Le fait est que les filles retournent sur les dance-floors avec une pépite pop à la fois insolente et post-moderne. Tout ce qu’on aime chez elles. « C’est notre façon de faire », déclare Heidi en résumant parfaitement la situation.

Keisha est à juste titre extrêmement fière que le groupe au sein duquel elle a passé toute sa vie d’adulte et quelques années de son adolescence continue à dépasser les attentes tout en parvenant à demeurer absolument fidèle à ce qu’une Sugababe se doit de faire. « C’était à la fin des sessions d’enregistrement aux Etats-Unis. Cela faisait huit semaines que nous n’arrêtions pas de faire la navette entre LA et New-York et on ne s’était jamais autant amusée à faire un album, quand ça nous est venu. On délirait avec le début de « Feel it Boy » et les producteurs ont pensé qu’on tenait quelque chose. » Elles passaient en effet leur temps avec The Smeezingtons, les architectes sonores de Flo Rida. « Nous nous sommes mises à penser à ce que les filles font dans les boîtes de nuit, leur manière d’interagir avec les garçons. Ce n’était pas nous en train de nous prendre au sérieux mais plutôt nous en train de nous amuser à nouveau. »

Que le premier single issu de leur brillant nouvel album n’arrive qu’à la fin des enregistrements semble confirmer une règle ayant cours dans le monde des Sugababes. Un peu comme si le génie leur tombait dessus par accident, à la dernière minute. « C’est ce qui s’est passé avec « Push The Button » sur « Taller In More Ways », avec « Freak Like Me » sur « Angels With Dirty Faces » et avec « About You Now » sur « Change ». » En une courte phrase, Keisha peut, sans en avoir l’air, vous remettre à l’esprit leur don pour la réinvention perpétuelle et la richesse d’un back-catalogue sans égal. Il n’est pas inutile d’avoir cette faculté, même si vous ne frimez pas.

Nous rencontrons les Sugababes à ce moment particulier de leur carrière où elles occupent une place jamais atteinte par aucun autre girls band britannique avant elles. Lorsque Keisha forma le groupe à l’âge de 13 ans dans une cour de récréation du nord de Londres, comment aurait-elle pu prévoir que douze ans, sept albums et dix gigantesques tournées plus tard, la crème des compositeurs et des producteurs du monde entier tenterait de rattraper le train en marche et d’apporter leurs propres ingrédients à la singulière pharmacopée des Sugababes? « Si vous m’aviez dit alors où je me trouverais en ce moment, je ne vous aurais pas cru », dit-elle. Crois-le, ma fille. C’est pourtant vrai.

Pour leur septième album, l’irrésistible trio a décidé de recréer la magie des Sugababes. « Il s’agissait de se rappeler qui nous étions », indique Amelle « et de réfléchir à ce que nous pouvions être. Nous adorons ce que nous faisons. Et nous adorons le fait que chaque album soit différent du précédent. » Faisant partie des Babes depuis trois albums, elle peut se permettre de dire cela.

Une simple conversation au restaurant de Jay-Z à New-York mit les choses en branle pour ce nouvel album. En effet, Jay Brown, le directeur artistique à l’origine du « Good Girl, Gone bad » de Rihanna accepta de superviser les opérations. Rihanna elle-même travaillait dans le même studio que les Babes. Lorsque ces dernières finissaient d’enregistrer une chanson, elles demandaient à leurs premiers producteurs, les membres de Stargate, ce qu’elle pensait du résultat. Elle trouvait ça super. Le feu commença immédiatement à prendre.

Quand vous travaillez avec le directeur artistique le plus recherché du moment, des coups de téléphone qui aurait pu sembler intimidants à trois magnifiques jeunes femmes sont passés en un clin d’œil. Lorsque des producteurs ayant collaboré avec certains de leurs artistes contemporains favoris se mirent à dire oui, elles commencèrent à renouer avec leur propre ambition, comprenant le cadeau qu’elles avaient offert à la pop au cours de cette décennie incroyable. « Ne dites pas que ça fait dix ans », supplie Keisha « ça me donne l’impression d’être vieille ». Elle n’a, permettez-nous de vous le rappeler, que vingt-cinq ans.

Soudain, les Sugababes n’étaient plus un simple trio vocal. Elles frayaient à présent avec ceux qui avaient façonné le son de Beyonce et de Lady Gaga, mettant au point avec eux quelque chose qui leur appartenait en propre. De retour en Angleterre, elles firent écouter le résultat à leur maison de disque et il n’en fallut pas plus pour créer le buzz autour de la transformation amorcée aux Etats-Unis.

L’album « Catfights and Spot lights » sorti en 2008 avait été crucial car permettant de resserrer les liens au sein du groupe. « Je serai fière de cet album jusqu’au jour de ma mort », déclare Keisha à présent. « Nous avons toutes participé à l’écriture de ce disque, nous étions totalement satisfaites de la musique et nous avions l’impression qu’il décrivait parfaitement où nous nous situions musicalement. Toutefois, quelque chose avait changé dans le paysage de la musique pop. Nous ne nous sommes pas contenter de nous asseoir et de nous plaindre. Nous savions que la seule chose à faire était de placer la barre encore plus haut. »

Le nouvel album brille de mille feux. Il se place au premier rang des poids lourds du R&B actuel grâce à une suite sans fin de titres qui sont autant de singles potentiels. Chacun de ces morceaux proclame haut et fort qu’il s’agit de l’album dont les Sugababes sont les plus fières. Un casting sans faille de collaborateurs semble leur donner raison. Des sessions d’enregistrement avec Ne-Yo, Red One (« nous nous sommes toutes disputées pour savoir qui aurait la chance de chanter au début de la chanson le fameux gimmick à la Red One qui est devenu si célèbre avec Lady Gaga », avoue Amelle dans un soupir. « Keisha a gagné! »), Stargate, the Smeezingtons et Makeba, auteur de textes pour Beyonce, ont donné naissance à ces chansons.

Selon Amelle, « Un son spécial a finalement émergé et a ramené l’excitation parmi nous. » Les filles communiquaient les résultats au fur et à mesure sur Twitter à leurs loyaux fans britanniques, conférant à toute l’affaire un supplément d’interactivité. « Nous voulions que l’album sonne aussi Sugababes que possible et brandir bien haut le drapeau britannique. On s’est motivée et on s’est dépassée », indique Amelle.

La musique parle d’elle-même. De l’entêtant « About A Girl » à « No More You » une ballade signée Ne-Yo (« pour des raisons que j’ignore, il écrit si brillamment d’un point de vue féminin »), tous les morceaux exsudent une musicalité évidente. « [No More You] était une chanson en laquelle Amelle et moi pouvions directement nous retrouver. En fait, vous pouvez suivre à la trace nos relations à travers cette chanson », indique Keisha. Le très hip-hop « Heartbreak » a fait sauter tout le monde de joie dans leur nouveau label américain, Roc Nation records, celui de Jay-Z.


Si vous avez l’impression que les filles sont en pleine confiance actuellement, vous n’avez pas tort. « On s’amuse, on va sortir dans les clubs. On est comme ça. Et nous avons l’intention d’être aussi Sugababes qu’on ne l’a jamais été. »