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NELLY FURTADO
- 18.06.09 — Nelly Furtado est de retour avec un album en espagnol !
Il y a trois ans, Nelly Furtado avait créé l’événement avec son excellent album Loose produit par Timbaland. Avec cet opus entre pop et r&b truffé de tubes (“Maneater”, “Promiscuous Girl”, “All Good Things”, “Say It Right”, tous Top 5 en France), Nelly Furtado a été sacrée “plus beau succès de l’année 2007” avec près de 7 millions d’albums vendus dans le monde, dont plus de 320 000 en France (disque de platine).
Très attachée à ses racines latines, elle s’apprête à sortir Mi Plan, son premier album en espagnol, projet qui lui tient à cœur depuis longtemps. Nominée l’an dernier aux MTV Latin America Awards, Nelly avait dernièrement collaboré avec plusieurs super stars issues de la communauté latine comme Juanes et Wisin Y Yandel.
Pour ce nouvel album (qui n’inclura que des nouveaux titres et pas une série de ses anciens tubes chantés en espagnol), Nelly Furtado s’est à nouveau entourée d’une véritable “dream team” pour écrire, composer et produire Mi Plan : Josh Groban, Juan Luis Guerra (qui a récemment remporté 7 Grammy Awards et Latin Grammy), Julieta Venegas, La Mala Rodriguez (rappeuse espagnole), Concha Buika, Alejandro Fernandez ou encore le groupe Aventura font partie du casting. Un rapide coup d’œil sur Wikipedia vous permettra de vous rendre à l’évidence : tous ces artistes sont de véritables piliers de la musique latine, tous dans un style différent : soul/jazz, musique urbaine, nouvelle scène espagnole, etc. de quoi proposer un panaché musical certainement aussi riche que varié.
Le premier single “Manos Al Aire” sera envoyé en radio le 30 juin (date d’envoi mondial).En parallèle, l’artiste travaille à l’enregistrement d’un autre album, en anglais cette fois ci, prévu pour 2010.
« Je me suis jetée à l'eau, à un endroit où je n'avais pas pied, pour voir si je savais nager », déclare Nelly Furtado. « J'ai fait taire la petite voix en moi qui soufflait : "Oh, non, et si je n'y arrive pas ?" Car après tout, tant qu'on n'a pas essayé, on ne peut être sûr de rien. »
Pour préparer son nouvel album, Loose, Furtado s'est essayée à l'écriture rap, elle a tenté des collaborations avec un bel échantillon du Who's who des producteurs, elle a tâché d'éviter les coups de soleil à Miami, elle s'est lancée dans le spanish hip hop, elle a cherché à créer une musique plus corporelle que mentale. Un des titres, "Promiscuous", en est un bel exemple. Le morceau est un duo avec Timbaland, le producteur de Loose, connu pour la dimension innovatrice de son travail avec des artistes de la trempe (Missy Elliott, Justin Timberlake et Aaliyah).
On pourrait penser de Nelly Furtado qu'elle possède une certaine assurance, après la moisson de prix et de récompenses qu'elle a récolté : disque d'or et de platine certifiés aux Etats-Unis (respectivement pour Folklore en 2003 et Whoa, Nelly!, en 2000), deux singles au Top 10 ("I'm Like a Bird" et "Turn Off the Light"), un Grammy Award (celui de la meilleure performance vocale féminine), pour n'en citer que quelques uns. Et pourtant, rien n'a plus inspiré Nelly Furtado à prendre des risques que sa récente maternité. « Le fait de devenir mère vous rend intrépide », déclare-t-elle.
« Le son de l'album respire la jeunesse, poursuit Nelly Furtado, et je pense que c'est en partie dû à la présence dans ma vie de cet enfant de deux ans. Je passais mes journées avec elle, et puis le soir, j'allais en studio ; il me semble que cela se traduit par une sorte d'énergie espiègle que je ressens toujours sur scène, mais qu'on n'avait pas encore réellement entendue dans mes disques. »
« Dans cet album, à de nombreux égards, je me suis ouverte à plein de choses nouvelles, dit Nelly Furtado. Sur "Promiscuous", par exemple, j'ai co-écrit les paroles ¿ chose que je n'avais jusque-là jamais faite ¿ avec Attitude, un rappeur de l'Alabama. Ça a été extrêmement libérateur, car j'ai pu ainsi interpréter un autre personnage, que j'ai ensuite incarné dans le clip » (réalisé par Little X, que l'on connaît peut-être davantage pour les vidéos qu'il a réalisées pour Usher, Nelly, Ludacris et Sean Paul).
Nelly Furtado est si enthousiaste quand elle évoque tout cela qu'il est difficile de la croire lorsqu'elle affirme : « A chaque fois que je fais un album, je me dis : "Celui-ci, c'est le dernier ; jamais je n'en ferai un autre." » Toutefois elle s'empresse d'ajouter l'éclaircissement suivant : « Et puis j'attrape à nouveau le virus, je me mets à faire de la musique qui m'excite et c'est reparti pour un tour. »
Elle a commencé Loose en participant à ce qu'elle appelle en plaisantant un « atelier hip-hop », avec son ami le MC Jellystone : « On écrivait des paroles rimées, on les disséquait, on essayait différents flows sur différents beats. C'est ainsi que les graines de cet album ont été plantées. Toute mon enfance, j'ai écouté du hip-hop et du R&B, mais jusqu'alors, quand il était question de faire ma propre musique, je laissais de côté cet aspect-là de ma culture. Pourtant, avec cet album, j'ai tout de suite su que c'est ce type de son que je désirais. »
Si elle a démarré avec Track & Field, l'équipe de producteurs avec qui elle travaille depuis longtemps, Nelly Furtado savait aussi qu'elle voulait faire des essais avec divers producteurs. « Travailler avec de nouveaux producteurs, dit-elle, c'est comme essayer de nouveaux vêtements ¿ vous ne savez jamais vraiment ce qui vous va bien tant que vous n'avez pas essayé. Et il arrive qu'on découvre ainsi en vous quelque chose que ni vous ni personne d'autre n'avait repéré. » Accompagnée de sa fille, Nelly a donc fait le voyage de Toronto à Londres pour travailler avec Nellee Hooper, puis à Los Angeles pour travailler avec Lester Mendez (qui a produit, "Te Busque," son émouvant duo avec Juanes) et Rick Nowels (co-auteur et producteur de la sublime ballade "In God's Hands"), puis à Miami pour travailler avec Pharrell Williams et Scott Storch et, finalement, Timbaland.
« C'est un peu comme si j'avais jeté l'ancre dans différents ports, le long de la côte, et qu'à la fin du voyage, j'étais arrivée à cet immense paquebot qui allait m'emmener en pleine mer », explique Nelly Furtado. Le paquebot dont elle parle n'étant autre que Timbaland, bien entendu. Lorsqu'on la questionne sur l'alchimie qui existe entre eux deux au plan de la création et de l'inventivité, dont on trouve d'ailleurs une illustration indiscutable dans le remix du tube de 2001 de Missy Elliott "Get Ur Freak On" rechapé avec Nelly, l'intéressée déclare : « C'est comme de l'amour ¿ au plan musical ¿ entre nous, c'est à ça que ça ressemble. Tout ce qu'il me fait écouter m'inspire ; j'ai envie de chanter sur tout ce qu'il compose. J'adore le son de ses productions. »
Ce que Nelly appelle le « vortex » de leur collaboration, sur Loose, a connu un début qu'on pourrait qualifier de "tout feu tout flamme". « Le premier soir au studio, à Miami, raconte Furtado, on a jammé. Nate Hill [co-auteur] avait lancé un beat féroce, il y avait dans la pièce une énergie dingue, un truc vaudou, quasi tribal. Je n'avais jamais rien ressenti de tel ¿ tant c'était intense. On était à plein volume, et soudain j'ai commencé à sentir une odeur de fumée. J'ai regardé les enceintes : des flammes en sortaient. On a eu tellement peur qu'on a laissé la chanson de côté pendant deux semaines. »
Le titre "vaudou, quasi tribal" en question s'intitule "Maneater", dont Furtado dit : « Ce titre est vraiment animé d'une sorte de vie intérieure ; il t'oblige à bouger. » Encore un titre qu'on remarque immédiatement à l'écoute de Loose, et qui incarne à la perfection le mélange éminemment dansable de hip-hop et de new wave qui caractérise, pour l'essentiel, le son de l'album.
« En studio, on est parti dans un délire sur Eurythmics, explique Nelly. Je n'arrêtais pas d'appeler Tim "Dave" et lui m'appelait "Annie". Il y avait chez Eurythmics ce son pop bizarre à partir d'un clavier. Le morceau "Here Comes the Rain Again" ¿ je ne suis d'ailleurs pas certaine à cent pour cent de savoir de quoi ça parle ¿ mais je suis emmenée à chaque fois ailleurs, et j'adore ! C'est ce que j'éprouve avec "Say It Right" ; bien que ce soit moi qui l'ai écrit ! Je ne sais pas vraiment de quoi ça parle, mais c'est fidèle à l'ambiance qui existait au moment où je l'ai écrit, et ça puise effectivement dans cette autre sphère. »
Parmi les influences qui ont présidé à la création de Loose, Furtado cite également Blondie, Police, Talking Heads, Madonna et Prince. « On a pioché parmi les éléments les plus surréalistes et les plus théâtraux de la musique des années 1980, les choses qui vous plongent dans une sorte d'état de rêve. Cet album contient une sorte d'ambiance mystérieuse d'après minuit, extrêmement viscérale. J'ai envie que les gens s'échappent dans la musique et se laissent aller à leurs instincts les plus animaux. »
Pendant l'enregistrement de Loose à la Hit Factory de Miami, Nelly Furtado a été prise dans le tourbillon du mode de vie du producteur superstar. Lorsqu'on lui demande si elle a goûté à la vie nocturne de la ville, Nelly répond : « Il était inutile d'aller dans les clubs parce que la fête, c'était au studio. Timbaland est une de ces personnalités magnétiques, hors normes. Il vit comme une rock-star. Les producteurs sont, de fait, les véritables rock-stars d'aujourd'hui. Ils possèdent des maisons superbes ; arrivent chaque jour en studio avec une nouvelle voiture de luxe ; sont entourés de jolies filles. Des gens débarquent avec des mallettes remplies de cash et leurs disent, "Donne-moi un beat." Ça a été vraiment excitant de faire partie de cet environnement. »
Le fait de travailler avec Timbaland a également signifié que Nelly est entrée en contact avec d'autres artistes désireux de collaborer avec lui. Lil' Wayne est passé et en a profité pour balancer « le freestyle le plus incroyable que j'ai jamais entendu » sur un remix de "Maneater". Attitude était à portée de main, pas seulement pour participer à l'écriture de "Promiscuous", mais aussi pour rapper sur "Afraid". Et Chris Martin de Coldplay a fait une apparition pour co-écrire le délicieusement chaloupé "Why Do All Good Things Come to an End?"
Evidemment, Furtado a été ravie d'ouvrir sa porte, lorsque ces opportunités de collaborations se sont présentées. Elle a fait preuve d'un appétit insatiable pour la nouveauté. C'est ainsi que naquit "No Hay Igual", l'un des deux titres en espagnol de Loose. Tout est parti d'une discussion avec Pharrell : « On était ensemble, comme ça, et il m'a dit : "Tu devrais faire un titre de reggaeton." A quoi j'ai répondu : "C'est quoi, le reggaeton ?" Il m'a fait écouter quelques morceaux, et j'ai été littéralement envoûtée ; il me semble que c'est aujourd'hui le mouvement musical le plus excitant qui soit. A Miami, je parlais espagnol avec tout le monde. Alors j'ai essayé de composer quelque chose dans ce goût-là, juste pour rigoler. Mais ce n'est pas vraiment du reggaeton ; c'est davantage mon interprétation personnelle de ce son. »
Le très percussif "No Hay Igual" constitue un autre exemple de cette "body music" qui caractérise Loose. « Mes deux premiers albums sont très policés, virginaux, chatoyants, fait remarquer Furtado. Chaque chanson avait jusqu'à maintenant une qualité pour ainsi dire statique, comme des tableaux. Alors que cet album vient bien plus des tripes. C'est le beat qui fait avancer les chansons, si bien que le coeur se met à pulser et le sang circule à fond. "Maneater", par exemple, est une chanson qui possède une incroyable pulsation. Sur scène, ça va être épatant, parce qu'une place énorme est laissée à l'exploration, au jeu, à l'amusement. »
« C'est vrai que dans cet album, il est beaucoup question d'attirance physique, mais il y a également une sorte de naïveté presque enfantine. Certaines paroles me rappellent l'époque de mes 13 ans, quand j'étais assise dans ma chambre [à Victoria, en Colombie Britannique] à composer toute la journée des ballades R&B. D'une certaine manière, je suis remontée dans le temps pour atteindre à un certain degré d'innocence en matière d'amour. »
Elle se rappelle la genèse de "Say It Right" : « Il était 3 heures du matin, il faisait un peu frisquet dans le studio, alors j'ai mis mon sweat-shirt à capuche ¿ ce qui est finalement une belle métaphore pour cet album : avec ce disque, je remets mon sweat-shirt à capuche ! C'est comme si j'avais 14 ans à nouveau, je sors de ma chambre en passant par la fenêtre et je vais traîner avec les kids branchés hip-hop. »
Ce phénomène que l'on pourrait qualifier de "retour vers le futur" a influencé également la manière dont l'album a été concocté. « Une des raisons pour lesquelles figurent, entre les chansons, ces petites discussions en studio ¿ que j'ai baptisé "reality audio" ¿ était la volonté d'ôter une part du mystère inhérent à ce processus. J'ai envie que l'auditeur voie qu'on faisait des impros, qu'on était en roue libre, comme sur les morceaux que j'improvisais quand j'avais 19 ans. On n'est pas dans le domaine de la science exacte. On a mixé chaque chanson au fur et à mesure, et ce sont ces mixes que nous avons conservés pour le disque. Plutôt que d'avoir le sentiment que les maquettes étaient plus réussies que la version finale ¿ ce qui a toujours été le cas dans le passé ¿ on a simplement pris la décision de ne pas réparer ce qui n'était pas cassé. »
En effet, au c¿ur de Loose, on retrouve cette spontanéité brute et électrique de la collaboration. « Ce disque montre qui je suis dans un environnement tourné vers les jams, où je ressens réellement en moi l'excitation de l'innovation, reconnaît Furtado. Voilà qui je suis quand je m'abandonne à la création artistique. Je vis pour ça, et c'est pour moi une grande chance de pouvoir partager cette expérience avec les autres. »
