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ÉDITH PIAF

 
ÉDITH PIAF
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Sa biographie


Edith Giovanna Gassion de son vrai nom, voit le jour à Belleville en 1915. Sa mère ne s'occupe pratiquement pas de l'enfant qu'elle vient de mettre au monde (on dit même qu'Edith fut abandonnée un temps sur un pas-de-porte à sa naissance?), et son père, artiste de cirque ambulant, l'emmène au gré des villes où le chapiteau est planté. Enfant, Edith mène une vie misérable et instable dont un des épisodes les plus tragiques est la cécité dont elle est atteinte suite à un accident. Placée en Normandie dans une maison tenue par des prostituées, elle recouvre « miraculeusement » la vue à la cathédrale de Lisieux.
De retour à Belleville, Edith réalise l'extraordinaire potentiel de sa voix et chante, accompagnée par Simone Berteau, dans les rues et les cours d'immeubles, espérant gagner de quoi subvenir à ses besoins. C'est en faisant la manche, qu'un quidam est subjugué par la force de la voix qu'il entend. Il s'agit de Louis Leplée, riche propriétaire du Gerny's, cabaret select situé dans le quartier chic des Champs Elysée. Leplée prend Edith sous son aile et fait en sorte de l'extraire au monde sordide dans lequel elle évolue. Grâce à son bienfaiteur, Edith Piaf effectue l'apprentissage d'usage pour devenir professionnelle et conquit chaque soir un public plus nombreux. Mais le sort s'acharne sur la « Môme ». Leplée est assassiné à son domicile et Edith est soupçonnée de complicité de meurtre, avant d'être finalement innocentée. Pour la jeune chanteuse, c'est un nouveau traumatisme, un coup dur pour sa carrière naissante et la perte d'un ami sincère.


En voie de clochardisation, mère d'une petite Marcelle (qui décède à l'âge de deux ans), Edith Piaf est à nouveau au fond de l'abîme. Elle est repêchée in extremis par Raymond Asso, parolier talentueux qui lui propose d'interpréter «Mon légionnaire» dont il est l'auteur et lui fait rencontrer la pianiste Marguerite Monnot, compositrice de la chanson. Nous sommes en 1937, Piaf triomphe à l'ABC grâce au répertoire que ses deux anges gardiens lui offrent. C'est ensuite la rencontre avec Jean Cocteau qui lui écrit un rôle sur mesure dans la pièce Le bel indifférent qu'elle joue (en pleine occupation allemande) aux côtés de son amant Paul Meurisse. Désormais légendaire, sa voix unique et inimitable attire de nombreux auteurs compositeurs comme Michel Elmer («L'accordéoniste», «De l'autre côté de la rue», «Le disque usé»), ou encore Henri Contet («C'est toujours la même histoire», «Il riait», «Celui qui ne savait pas pleurer», «Padam Padam», «Bravo pour le clown»), lui permettant de se forger un solide répertoire et d'effectuer une tournée mémorable aux Etats-Unis en 1947. C'est à New York qu'elle rencontre l'amour de sa vie, le boxeur Marcel Cerdan avec qui elle mène «La vie en rose» et pour qui elle écrit «L'hymne à l'amour». Mais le sort continue de s'acharner sur Edith et Cerdan meurt dans un accident d'avion en 1949.
Parallèlement à sa carrière de chanteuse, Piaf aide et révèle de jeunes artistes ayant pour nom Yves Montand, les Compagnons de la Chanson ou Charles Aznavour («Jezebel») qui fut son secrétaire et son chauffeur. Sa liaison avec Georges Moustaki donne naissance à «Eden Blues» et l'incontournable «Milord» en 1958. Puis, elle travaille avec Charles Dumont («Non, je ne regrette rien», «Mon Dieu»), et épouse un jeune coiffeur de vingt-six ans en 1962, avant de décéder l'année suivante (11 octobre 1963), malade, droguée, épuisée et terriblement diminuée. Reste une œuvre fondamentale et émotionnelle, reprise par une multitude d'artistes aussi divers que Gainsbourg («Mon légionnaire»), Grace Jones («La vie en rose»), Marianne Faithfull («Les prisons du Roy»), ou Jeff Buckley («Je n'en connais pas la fin», «L'hymne à l'amour»), et l'image d'une petite femme en noir ayant tout simplement inventé le blues français.
Frédéric Lecomte