Quand Charlie Watts rencontre the Danish Radio Big Band Tout sur The Danish Radio Big Band

Quand Charlie Watts rencontre the Danish Radio Big Band

X

Peu de gens le savent mais Charlie Watts a vécu quelques mois au Danemark au début des années 60. Les Stones venaient de voir le jour et n’avaient pas encore rencontré le succès. Charlie était donc obligé de travailler à côté et c’est pour cette raison qu’il partit pour le Danemark où il resta quelque temps. Pendant cette période, à côté de son travail, Charlie fréquenta les scènes jazz et blues locales et joua avec différents groupes, nourrissant ainsi sa passion pour la musique. Bien qu’ayant joué depuis pas mal d’années avec Charlie dans plusieurs de ses groupes, je ne savais pas grand-chose de cette période de sa vie. Nous avions jusqu’alors parlé exclusivement d’obscurs disques de jazz et des grands jazzmen injustement oubliés. Puis, en 2009, je fus engagé par le Danish Radio Big Band. Une semaine ou deux après mon arrivée à Copenhague, je reçus un coup de téléphone de Charlie. C’est au cours de cette conversation qu’il me parla des mois qu’il avait passés au Danemark. Quelques temps après, l’idée me vint d’organiser un concert consacré à cette période “danoise” de sa vie. J’en parlai à Sherry Daly, sa manager, et à mon patron au sein du Danish Radio Big Band, puis je me mis à creuser cette idée. Nous nous mîmes finalement d’accord pour faire venir Charlie à Copenhague une semaine en octobre 2010. L’idée était de répéter tous ensemble pendant quatre jours puis de donner un concert le cinquième jour au National Concert Hall of Denmark qui venait d’ouvrir ses portes dans la capitale. Le concert devait être enregistré pour être diffusé sur la radio publique danoise. Pendant une semaine, Lars, le road manager du Danish Radio Big Bang, fit visiter Copenhague à Charlie et à son collaborateur de toujours, le bassiste Dave Green. Ils firent le tour des disquaires et se promenèrent à travers la ville sans avoir besoin d’être accompagnés d’aucun garde du corps. Musicalement, Dave et Charlie sont vraiment de bons camarades. Estimant qu’une telle disposition n’aiderait pas à créer des liens entre les musiciens, Charlie me fit comprendre qu’il ne souhaitait pas être placé sur une estrade, comme nous nous y étions tous attendus, mais au milieu du groupe. J’ai découvert par la suite qu’il exige la même chose lorsqu’il joue dans les stades.




L’enthousiasme et l’implication évidents avec lesquels Charlie et Dave abordèrent le projet se communiquèrent très rapidement à l’ensemble du groupe. Au cours des années passées à leurs côtés, j’ai assisté à ce phénomène de nombreuses fois. Charlie et Dave jouent avec une joie contagieuse et ils ont vraiment l’esprit d’équipe. Comme j’ai pu le remarquer depuis mon arrivée au Danemark, les groupes danois ont la même mentalité. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que l’entente ait été optimale dès le début des répétitions. Lors du choix des morceaux, nous jugeâmes important de mettre l’accent sur le groove. Notre sélection mêlait ainsi rhythm n’ blues, jazz des années 60 (fortement évocateur des morceaux les plus dansants sortis sur Bluenote), rythmes africains et bossa-nova, autant de styles que j’avais déjà abordés avec grand plaisir en jouant avec Charlie et Dave dans différents groupes. La participation de Dave Green au projet fut décisive. Charlie et Dave sont des amis d’enfance. Ils ont grandi ensemble à Wembley dans le Nord de Londres. Aussi se comprennent-ils sans même avoir besoin de se parler (à tel point qu’ils ne verront sûrement pas à quoi je fais référence lorsqu’ils liront ces lignes !), ce qui est une nécessité absolue dans toute relation batteur/bassiste. Cette entente naturelle plaça le reste du groupe dans les conditions idéales pour prendre des risques et quand une formation de cette trempe se lâche, c’est difficile de passer à côté ! Le projet bénéficia également du soutien de Søren et Kaspar, respectivement bassiste et batteur du Danish Radio Big Band, qui acceptèrent gracieusement de céder leur place sur certains morceaux et de jouer sur d’autres, notamment sur “Molasses”, le classique de Woody Herman, où les deux batteurs et les deux bassistes se retrouvèrent pour clore le concert en beauté. On comprendra j’espère pourquoi j’ai inséré quelques morceaux très connus dans le programme. J’ai toujours pensé que le groove de ces titres est si puissant et si direct qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter lorsqu’on les joue avec un big band. Selon moi, le big band doit alors être envisagé comme une énorme section de cuivre afin de ne pas trop s’éloigner de ce qui fait la force de ces morceaux. Pendant les répétitions, l’un des saxophonistes ténor est venu me voir et m’a demandé, d’une manière qui n’a vraiment rien de danoise, s’il pouvait jouer un solo sur l’un des titres en m’expliquant qu’il adorait le côté organique du jeu de Charlie. Je vous laisse deviner lequel ! Je souhaite également tirer mon chapeau au saxophoniste ténor Uffe Markesson qui a vraiment donné tout ce qu’il pouvait sur “Elvin Suite (Part 2)”, une composition de Charlie et Jim Keltner. Un jour ou deux après le concert, frappé par l’excitation et l’énergie qui émanait de l’enregistrement, je me suis dit qu’avec un léger travail de mixage, on tenait là un album live vraiment puissant. Une fois que la radio danoise eut accepté de me confier les bandes, je n’eus pas à fournir de grands efforts pour convaincre Soren Frost, batteur et responsable de la section rythmique du Danish Radio Big Band, et l’ingénieur du son Lars C. Bruun, de m’apporter leur aide. Après plusieurs années de travail, nous sommes finalement fiers de pouvoir vous présenter “Charlie Watts Meets the Danish Radio Big Band”. 
Il y a bien des années, Red Rodney, le célèbre trompettiste de jazz qui a joué avec Charlie Parker et plus tard avec Charlie Watts sur “From One Charlie to Another” (un album en hommage à Charlie Parker), m’a expliqué que la contribution de Charlie Watts à l’histoire du jazz était importante car il avait initié de nombreuses personnes à cette musique. A l’époque, cette phrase ne m’avait pas vraiment marqué mais je m’en suis rappelé en rencontrant Jean-Philippe Allard d’Universal Music l’été dernier à Paris : lorsque ce dernier m’a expliqué que Charlie était, selon lui, « un ambassadeur du jazz », j’ai compris qu’on avait trouvé le bon label.
 

Gerald Presencer, installé à l’arrière d’un bus, quelque part au Danemark, 2016


“Charlie Watts Meets the Danish Radio Big Band”, un CD impulse! / Universal - maintenant disponible



- TRACKLISTING -

01.    Elvin Suite (Pt. 1 / Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. David Green & Peter Jensen)
02.    Elvin Suite (Pt. 2 / Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. David Green & Uffe Markussen)
03.     (Satis) Faction (Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. Lars Møller, Gerard Presencer & David Green)
04.    I Should Care (Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. David Green, Gerard Presencer & Steen Nikolaj Hansen)
05.    You Can't Always Get What You Want (Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. Gerard Presencer & Pernille Bévort)
06.    Paint It Black (Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. Per Gade & Gerard Presencer)
07.    Molasses (Live At Danish Radio Concert Hall, Copenhagen / 2010) (feat. David Green, Nicolai Schultz & Vincent Nilsson)

news

“Parking Lot Symphony”, le retour de Trombone Shorty

news

Concours Eurovision de la Chanson 2017 à Kiev

news

“Strength of a Woman”, le nouvel album de Mary J. Blige

news

“Ipséité”, le nouveau projet de Damso

news

Le grand retour de Feist avec “Pleasure”

news

Les Stentors chantent la France

X

Avec votre compte
Universal:

  • Accédez à des contenus avant tout le monde
  • Gagnez des cadeaux (vinyles, places…)
  • Trouvez des playlists au plus près de vos humeurs
  • Recommandations personnalisées
X

Acheter

00:00
00:00